Distribution d’essence perturbée dans le Nord : des camions-citernes envoyés en renfort depuis Antananarivo
Confrontées à des perturbations de la distribution d’essence dans plusieurs localités du Nord, les autorités malgaches déploient des mesures d’urgence. Des camions-citernes ont déjà quitté Antananarivo pour ravitailler les stations-service, en attendant l’arrivée de navires pétroliers annoncés dans les prochains jours.
Un dispositif de ravitaillement d’urgence
Depuis plusieurs jours, l’approvisionnement en essence, notamment en SP95, connaît des perturbations dans le Nord de Madagascar. Les villes de Nosy-Be, Antsiranana, Mahajanga et Antsohihy sont particulièrement concernées. À l’origine de ces tensions, un décalage logistique lié à une réception anticipée de certaines importations, selon l’Office Malgache des Hydrocarbures (OMH). Cette situation se traduit sur le terrain par des ruptures temporaires dans certaines stations-service et une affluence accrue d’automobilistes, alimentant les inquiétudes des usagers.
Pour répondre à l’urgence, les autorités ont enclenché un dispositif de ravitaillement par voie terrestre. À destination de Mahajanga, plusieurs camions-citernes ont déjà quitté Antananarivo afin de renforcer les stocks des stations-service locales ainsi que ceux des communes environnantes. Cette opération vise à atténuer la pression sur le réseau de distribution et à rétablir progressivement la situation. En complément, un navire pétrolier est attendu prochainement dans cette zone stratégique. Du côté d’Antsiranana et de Nosy-Be, un navire caboteur pétrolier est également annoncé avant la fin de la semaine, avec pour mission d’assurer leur ravitaillement.
Une consommation en nette augmentation
Au-delà des difficultés d’approvisionnement, la hausse de la demande en carburant aggrave la situation. À Antsiranana, une réunion d’urgence de l’Organe Mixte de Conception élargi s’est tenue le 20 avril 2026 sous la houlette du préfet, Lucien Mananjara. Les échanges ont mis en évidence une consommation en nette augmentation, notamment en raison du recours massif aux groupes électrogènes face aux coupures d’électricité. Malgré des livraisons pouvant atteindre 8 000 litres par station, les stocks s’écoulent rapidement. Les mesures de limitation déjà en place, fixant entre 6 et 10 litres par véhicule, n’ont pas permis de contenir durablement cette forte demande. Face à ces tensions, les autorités ont décidé de durcir les règles de distribution. Le remplissage est désormais réservé exclusivement aux réservoirs des véhicules, sauf autorisation spécifique. Parallèlement, une harmonisation des horaires de livraison est prévue afin d’améliorer la gestion des flux dans les stations.
Les dispositifs de sécurité autour des camions-citernes seront renforcés, tandis qu’un contrôle plus strict des pompistes sera mis en œuvre pour garantir une répartition équitable du carburant. Malgré ces perturbations, les responsables assurent que des réserves subsistent dans la région DIANA. Ils appellent toutefois la population à faire preuve de calme et de responsabilité, en limitant la consommation à des besoins essentiels. L’OMH met en garde contre le stockage domestique d’essence, jugé dangereux en raison des risques d’incendie.



