Bilharziose : Itasy et Atsimo-Andrefana sous surveillance scientifique renforcée
Face à l’ampleur persistante de la bilharziose à Madagascar, les régions d’Itasy et d’Atsimo-Andrefana deviennent des zones prioritaires de surveillance dans le cadre du projet SCHISTO-SENS. Portée par l’Institut Pasteur de Madagascar, cette initiative entend mieux comprendre et freiner la propagation de cette maladie tropicale négligée.
Lutte contre les maladies tropicales négligées
Endémique à Madagascar, la bilharziose continue de peser lourdement sur la santé des populations, en particulier dans les zones rurales. Face à cette réalité, l’Institut Pasteur de Madagascar a lancé officiellement, le 2 avril 2026, le projet SCHISTO-SENS, dédié à la surveillance environnementale de la maladie. « Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un programme régional visant à renforcer la surveillance des maladies infectieuses influencées par les changements climatiques », ont déclaré les responsables lors de la cérémonie. Portée par le programme Fonds Equipe France (FEF) Indopacifique et soutenue par des partenaires internationaux, l’initiative marque une nouvelle étape dans la lutte contre les maladies tropicales négligées dans le pays.
Le choix des régions d’intervention n’est pas anodin. Itasy, où prédomine la bilharziose intestinale, et Atsimo-Andrefana, davantage touchée par la forme urogénitale, offrent des contextes épidémiologiques complémentaires. Cette diversité permettra d’affiner les analyses et d’adapter les réponses sanitaires. Le projet, prévu sur une durée de 24 mois, entend ainsi produire des données précises pour mieux cibler les interventions. L’ambition est d’améliorer la compréhension des dynamiques de transmission grâce à des approches innovantes.
Stratégie de lutte contre la bilharziose
SCHISTO-SENS mise sur des méthodes modernes pour décrypter la circulation du parasite. La détection de l’ADN environnemental, notamment dans les points d’eau, permettra d’identifier la présence des parasites et de leurs hôtes intermédiaires, en particulier les escargots. Parallèlement, des modèles cartographiques des zones à risque seront élaborés, tandis que des enquêtes auprès des populations viendront compléter les données scientifiques. Les résultats permettront de mieux orienter les actions de prévention et de prise en charge.
Le projet mobilise plusieurs acteurs, dont le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement, en collaboration avec les autorités sanitaires nationales. Au-delà de la recherche, l’enjeu est opérationnel. Les données issues de SCHISTO-SENS doivent alimenter le futur plan stratégique national de lutte contre la bilharziose, avec l’ambition d’éliminer la maladie d’ici 2030.



