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Economie

Forum du Capital Naturel 3e édition : Madagascar veut faire de sa nature un levier de croissance durable

02/04/2026 15:36 © Moov.Mg

La 3e édition du Forum du Capital Naturel, organisée les 2 et 3 avril 2026 à Ambodivona, marque une étape décisive dans l’intégration de la biodiversité dans les politiques économiques. L’objectif affiché est de transformer un atout écologique en levier concret de croissance durable.

Capital naturel et politiques économiques

À Madagascar, le capital naturel constitue une richesse stratégique. Estimé à près de 30 % de la richesse nationale, il repose sur une biodiversité unique au monde et des ressources naturelles essentielles. Les secteurs de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche représentent à eux seuls environ un quart du produit intérieur brut et concentrent les trois quarts des emplois. Malgré cette dépendance structurelle, la valeur du capital naturel reste peu intégrée dans les arbitrages économiques. Les décisions budgétaires et les investissements continuent de sous-estimer son rôle, créant un décalage entre la réalité économique du pays et ses politiques publiques.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la 3e édition du Forum du Capital Naturel. Portée par le réseau Nat Cap Madagascar, avec l’appui de l’Agence Française de Développement, la rencontre se veut un espace de convergence entre acteurs publics, secteur privé, chercheurs et société civile. Depuis son lancement, le forum a permis des avancées notables. Les éditions de 2021 et 2022 ont notamment conduit à la création d’un réseau national regroupant plus d’une centaine de membres, ainsi qu’à l’élaboration d’une feuille de route en faveur d’une gestion durable des ressources naturelles. Ces acquis constituent aujourd’hui une base pour accélérer l’intégration du capital naturel dans les politiques économiques.

Mettre le capital naturel au cœur des investissements

Au fil des dernières années, Madagascar s’est doté de plusieurs outils structurants. Le Système de Comptabilité Environnementale et Économique, le Cadre de Développement des Statistiques de l’Environnement ou encore la réforme du décret MECIE, traduisent une volonté de mieux encadrer l’exploitation des ressources. La Stratégie et Plan d’Action pour la Biodiversité 2026-2030 s’impose comme le principal référentiel. Elle vise à intégrer la biodiversité dans les décisions économiques et les investissements, tout en mobilisant l’ensemble des parties prenantes autour d’une trajectoire de développement durable. Toutefois, le défi réside désormais dans l’application effective de ces dispositifs.

Le forum de 2026 intervient, ainsi, à un moment charnière. Il accompagne le passage d’une phase de planification à une phase opérationnelle, en cohérence avec la Politique Générale de l’État – Refondation. Les discussions s’articulent autour de trois priorités : traduire les orientations de la stratégie nationale en décisions budgétaires concrètes, mobiliser les acteurs économiques et financiers, et aligner les investissements avec les enjeux du capital naturel. L’ambition est d’inscrire durablement la nature dans les mécanismes de décision économique.

Refondation économique et environnementale

À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Nolave Luck Aristide Andriantsihala, a lancé un appel à l’engagement collectif. Il exhorte l’ensemble des acteurs, des décideurs aux citoyens, à intégrer le capital naturel dans les choix économiques afin d’en faire le socle du développement du pays. De son côté, la directrice pays du WWF Madagascar, Nanie Ratsifandrihamanana, a rappelé que la préservation de la nature conditionne la durabilité de la croissance. L’organisation réaffirme son soutien à l’État et aux acteurs économiques pour renforcer les outils de gestion, soutenir les filières durables et mobiliser des financements dédiés.

À l’issue des échanges, une feuille de route opérationnelle doit être adoptée. Elle rassemblera des solutions concrètes pour intégrer le capital naturel dans les politiques économiques et financières. Ce document est appelé à alimenter les prochaines assises nationales pour la Refondation, notamment dans le secteur de l’environnement. Pour Madagascar, l’enjeu est désormais de faire du capital naturel, non plus un simple atout, mais un moteur de son développement économique.

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