Marché du riz - L’exportation temporaire comme solution
Les riziculteurs de la région d’Alaotra demandent l’ouverture temporaire de l’exportation du riz pour réduire l’accumulation des produits sur le marché et soutenir les prix locaux.
Le secteur sous pression
« Le riz importé s’entasse et perturbe le marché des produits locaux. Nous exigeons une solution urgente », explique Rakotonirina Alfred, président du syndicat des riziculteurs. Le secteur rencontre de grandes difficultés, aggravées par la hausse du prix du carburant et des intrants agricoles. Les coûts de production augmentent sans correspondre aux prix de vente. La Société SPM achète environ 50 tonnes de riz par semaine, tandis que le stock actuel représente l’équivalent de 446 semaines de consommation. Cette situation reflète l’abondance du riz à bas prix sur le marché.
Les producteurs locaux réclament un suivi attentif du marché. « Les paysans ne font pas grève, mais nous demandons un contrôle sérieux du prix du riz », ajoute Rakotonirina Alfred. L’ouverture temporaire de l’exportation permettrait d’équilibrer l’offre et la demande et de protéger les exploitations locales.
Paysans en détresse
Le député Rajerison Antoine souligne le problème fondamental : « Nous disposons de nombreux paysans, mais le riz importé du Pakistan et de l’Inde domine le marché, tandis que les opérateurs étrangers profitent largement ». Il appelle le gouvernement à agir rapidement pour limiter les déséquilibres et soutenir le riz malgache. Lors d’une rencontre avec la presse à Andrefanambohijanahary, les paysans résument leur détresse : « Si nous étions déjà malades, la mort nous aurait emportés ».
L’ouverture temporaire de l’exportation pourrait réduire le surplus de riz, améliorer sa valeur et augmenter les revenus des producteurs. Elle aiderait aussi à rendre le riz malgache plus compétitif et à mieux distribuer l’offre dans tout le pays. Les riziculteurs demandent au gouvernement d’agir rapidement pour stabiliser les prix, contrôler les importations et soutenir ce secteur essentiel pour l’économie et la sécurité alimentaire.




