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Nationale

Allaitement, émaciation, scolarité à Madagascar : la MICS-7 met en lumière des indicateurs en recul

02/03/2026 17:13 © Moov.Mg

Le gouvernement de Madagascar et ses partenaires ont procédé au lancement officiel des résultats de la septième Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS-7). Réalisée en 2024-2025, l’étude met en évidence une situation préoccupante pour les enfants et les femmes, avec peu de progrès enregistrés et certains indicateurs en détérioration, notamment en matière de nutrition et d’allaitement maternel.

Conduite auprès d’environ 21 000 ménages représentatifs des 23 régions administratives, avec la mobilisation de 150 agents de terrain durant quatre mois, la MICS-7 constitue la principale enquête couvrant spécifiquement les domaines liés aux droits et au bien-être des enfants à Madagascar. Organisée tous les cinq ans dans le cadre d’un programme international, l’Enquête par grappes à indicateurs multiples fournit des données comparables sur la situation des enfants et des femmes. Elle sert de base au suivi des Objectifs de développement durable (ODD), du Plan-cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable et des programmes nationaux.

Nutrition : un retard de croissance toujours élevé

Les résultats confirment la persistance de la malnutrition chronique. Selon les données publiées, 37 % des enfants de moins de cinq ans présentent un retard de croissance. L’émaciation, qui reflète une malnutrition aiguë, concerne 11 % des enfants de cette tranche d’âge. Les pratiques d’alimentation du nourrisson restent limitées. Seuls 42 % des enfants âgés de 0 à 5 mois sont allaités exclusivement pendant les six premiers mois . Par ailleurs, 23 % des enfants de 6 à 23 mois bénéficient d’une diversification alimentaire minimale.

Lors de la cérémonie de lancement, Atou Seck, représentant résident de la Banque mondiale à Madagascar, a souligné que les données issues de la MICS-7 sont « indispensables pour mettre en œuvre une politique publique efficace », ajoutant que le pays ne peut ignorer la question du retard de croissance.

Santé maternelle et infantile : des indicateurs préoccupants

La mortalité infanto-juvénile demeure élevée, avec 73 décès d’enfants pour 1 000 naissances vivantes avant l’âge de cinq ans. La mortalité néonatale s’établit à 30 décès pour 1 000 naissances vivantes. En outre, le ratio de mortalité maternelle est estimé à 298 décès pour 100 000 naissances vivantes. Moins de la moitié des accouchements, soit 46 %, sont assistés par un personnel de santé qualifié, alors que 87 % des femmes ayant eu une naissance vivante ont bénéficié d’au moins une consultation prénatale auprès d’un personnel qualifié.

Éducation : faibles compétences de base

Dans le secteur éducatif, 78 % des enfants en âge de fréquenter l’école primaire sont scolarisés . Toutefois, seuls 47 % des adolescents âgés de 13 à 15 ans achèvent le cycle primaire, et 22 % des jeunes de 17 à 19 ans complètent le premier cycle du secondaire. Les résultats mettent également en évidence de faibles acquis scolaires. 18 % des enfants de 7 à 14 ans démontrent des compétences de base en lecture, contre 13 % en calcul.

La représentante résidente de l’UNICEF à Madagascar, Christine Jaulmes, a indiqué que les résultats sont « préoccupants concernant le droit des enfants », évoquant qu'il y a peu de progrès et même une baisse, concernant le taux d’achèvement scolaire, avec des disparités marquées entre ménages pauvres et ménages aisés.

Protection et conditions de vie : des vulnérabilités persistantes

L’accès aux services de base demeure limité. 39 % des ménages utilisent des services d’eau potable de base. 7 % disposent de services d’assainissement de base et 13 % d’installations d’hygiène de base.

En matière de protection, 85 % des enfants de 1 à 14 ans subissent des méthodes de discipline violente. Le travail des enfants concerne 27 % des garçons et 24 % des filles âgés de 5 à 17 ans, dont 25 % exercent des activités considérées comme dangereuses . Par ailleurs, 42 % des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées ou mises en union avant l’âge de 18 ans.

Des données appelées à orienter les politiques publiques

Plusieurs partenaires ont insisté sur l’importance stratégique de l’enquête. Anthony Ngororano, coordonnateur résident du système des Nations Unies à Madagascar, a estimé que les résultats interviennent à un moment clé, appelant à accélérer les actions, à cibler les plus vulnérables et à utiliser les données pour orienter les lois de finances. Pour Laurent d'Ersu, chargé d’affaires a.i de l’Union européenne à Madagascar, la MICS-7 constitue un outil stratégique de planification en cohérence avec les ODD. Stéphanie Arnold, chargée d’affaires de l’Ambassade des Etats-Unis à Madagascar, a souligné que l’enquête renforce la capacité du pays à prendre des décisions fondées sur des données factuelles.

De son côté, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, a qualifié la MICS d’outil essentiel d’aide à la décision, affirmant que « la statistique est un des leviers de gouvernance » et que les résultats interviennent à un moment décisif pour le pays.
À travers ces données, la MICS-7 met en évidence l’ampleur des défis à relever dans les domaines de la nutrition, de la santé et de l’éducation, appelant à une mobilisation accrue des politiques publiques en faveur du bien-être des enfants.

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