« All My Hopes Belong To You » : Joël Andrianomearisoa fait de l’espoir une œuvre partagée à Paris
L’artiste d’origine malgache Joël Andrianomearisoa inaugure à Paris une nouvelle exposition intitulée « All My Hopes Belong To You », présentée au Le Transfo du 27 février au 25 avril. À travers une installation immersive dominée par le noir, il propose une réflexion accessible sur l’espoir, pensé comme une force collective et relationnelle.
Une exposition qui parle d’espoir
À peine son exposition achevée au Ludwig Museum, en Allemagne, que Joël Andrianomearisoa enchaîne avec un nouveau projet d’envergure dans la capitale française. Ce rythme soutenu illustre la place désormais acquise par l’artiste malgache sur la scène internationale de l’art contemporain. Intitulée « All My Hopes Belong To You », que l’on peut traduire par « Tous mes espoirs t’appartiennent », cette exposition s’inscrit dans une veine introspective et sentimentale. Le titre, visible dès la façade du lieu, interpelle directement le public. Il ne s’agit pas d’un simple slogan, mais d’une déclaration adressée à l’autre, au visiteur, à la société, explique Jérôme Sans, le commissaire de l’exposition.
Au cœur de la démarche artistique, une idée centrale : l’espoir n’existe jamais seul. Selon Joël Andrianomearisoa, il prend forme dans l’échange, dans les gestes partagés et dans la présence de l’autre. L’exposition met ainsi en avant la dimension relationnelle de toute expérience humaine. Cette approche peut surprendre un public peu familier de l’art contemporain. Pourtant, le propos demeure universel. L’artiste ne cherche pas à livrer un message explicite ou didactique, mais à créer un espace où chacun peut projeter ses propres émotions et interprétations.
Une immersion dans le noir
L’installation se déploie comme un geste architectural. Du papier de soie noir envahit les espaces du Transfo, enveloppant le visiteur dans un mouvement continu, presque organique. Ce noir, récurrent dans l’œuvre de l’artiste, ne renvoie pas à l’obscurité mais à une profondeur, à un terrain où les émotions peuvent se matérialiser. Autour de cette matière légère gravitent néons lumineux, chant malgache, broderies et textes poétiques. L’ensemble compose un paysage intérieur où se mêlent sons, lumières et textures. Le visiteur est invité à circuler, à ressentir, à se laisser porter par cette atmosphère immersive.
Né en 1977 à Antananarivo, Joël Andrianomearisoa vit et travaille entre Paris, Antananarivo et la France rurale. Architecte de formation, diplômé de l’École spéciale d’architecture de Paris, il développe une œuvre plurielle mêlant sculpture, installation, textile, écriture et architecture. Il a présenté son travail dans de grandes institutions telles que le Centre Pompidou et lors de manifestations majeures comme la Biennale de Venise, où il a représenté Madagascar en 2019 pour la première fois de son histoire. Ses œuvres figurent aujourd’hui dans plusieurs collections internationales, dont celle du Metropolitan Museum of Art à New York, qui a intégré trois de ses pièces dans sa collection permanente en 2025. Distingué à plusieurs reprises, récemment nommé Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres à Madagascar, il figure également parmi les finalistes du Prix Marcel Duchamp 2026.




