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Relèvement post-cyclones : un besoin urgent de 67,8 millions de dollars pour venir en aide à 486 000 sinistrés à Madagascar

21/02/2026 16:49 © Moov.Mg

Près de trois semaines après le passage de deux tempêtes tropicales successives, la situation humanitaire reste critique à Madagascar. Les Nations Unies et leurs partenaires appellent à un financement rapide pour venir en aide à près d’un demi-million de personnes au cours des trois prochains mois.

Un bilan humain et social préoccupant

L’Organisation des Nations Unies et ses partenaires humanitaires ont lancé un appel éclair de 67,8 millions de dollars américains afin de répondre aux besoins immédiats de 486 012 personnes affectées par les récentes catastrophes climatiques. Cette enveloppe doit permettre de financer des interventions vitales sur une période de trois mois, considérée comme décisive pour éviter une aggravation de la crise. « Madagascar est confronté à un nouveau choc climatique grave », a déclaré le Coordonnateur résident, Anthony Ngororano, soulignant que de nombreuses familles ont perdu à la fois leur logement, leurs revenus et leurs sources d’alimentation.

A titre de rappel, le cyclone Fytia a frappé le pays le 31 janvier, suivi le 10 février par le cyclone Gezani, qui a touché terre près de Toamasina. Les fortes pluies, les vents violents et les inondations ont provoqué d’importants dégâts matériels et humains. Au total, plus de 681 000 personnes ont été touchées par ces événements météorologiques extrêmes, qui ont détruit habitations, infrastructures publiques et surfaces agricoles, fragilisant durablement les moyens de subsistance. Selon les autorités, au moins 59 décès et plus de 800 blessés sont attribués au cyclone Gezani. Environ 35 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile, certaines trouvant refuge dans des sites d’hébergement temporaires où les conditions de vie restent précaires. Les évaluations préliminaires montrent que les besoins continuent d’augmenter à mesure que les équipes accèdent à de nouvelles zones sinistrées.

Des services essentiels fortement perturbés

Les dégâts enregistrés dans plusieurs régions ont endommagé écoles, centres de santé et réseaux de transport, compliquant l’acheminement de l’aide et la reprise des activités quotidiennes. La destruction des cultures laisse également craindre une dégradation de la sécurité alimentaire dans les mois à venir. Les inondations et la promiscuité dans les zones d’accueil exposent les populations à un risque accru de maladies hydriques, ce qui renforce l’urgence d’une réponse sanitaire et nutritionnelle adaptée.

Ce 21 février 2026, une mission officielle conduite par le Premier ministre, aux côtés de membres du Gouvernement, du Coordonnateur résident des Nations Unies Anthony Ngororano, de responsables d’agences onusiennes et de partenaires humanitaires, dont la Croix-Rouge, s’est rendue à Toamasina. Cette visite de terrain vise à évaluer la réponse engagée après le cyclone Gezani, renforcer la coordination entre les différents secteurs d’intervention et accélérer l’assistance aux populations sinistrées ainsi que les actions de relèvement. Les Nations Unies soulignent qu’un soutien financier supplémentaire est indispensable pour garantir une aide rapide, transparente et équitable, tout en favorisant la reprise des activités publiques et la réhabilitation des infrastructures essentielles. Les opérations se poursuivent en coordination avec le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes et plusieurs agences, notamment OMS Madagascar, le Programme alimentaire mondial, UNFPA Madagascar, UNICEF, l’Organisation internationale pour les migrations et OCHA.

L’appel de 67,8 millions de dollars s’inscrit dans une requête plus large de 142 millions destinée à soutenir à la fois l’aide d’urgence, le relèvement rapide et les premières actions de reconstruction. Pour les humanitaires, la rapidité de la mobilisation internationale déterminera l’évolution de la situation : sans soutien financier immédiat, les conséquences des cyclones pourraient s’inscrire durablement dans le quotidien de milliers de familles malgaches.

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