Urgence : Un déficit de 18 millions de dollars menace la réponse humanitaire pour les six prochains mois
Après les cyclones Fytia et Gezani, près de 400 000 malgaches sont affectés, principalement à Toamasina. Les agences humanitaires alertent sur un déficit de 18 millions de dollars compromettant l’aide d’urgence.
Un déficit de financement critique face à des besoins immenses
Alors que les opérations d’urgence sont en cours, les acteurs humanitaires tirent la sonnette d’alarme. La réponse actuelle fait face à un déficit de financement de 18 millions de dollars pour les six prochains mois, mettant en péril l’assistance aux populations les plus vulnérables.
Selon le Programme alimentaire mondial, cette insuffisance de ressources risque d’affecter directement l’aide alimentaire, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, ainsi que les actions de protection des femmes, des enfants, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. La situation est d’autant plus préoccupante que Madagascar traverse actuellement une période de soudure.
Avant même le passage des cyclones, 1,57 million de personnes étaient déjà confrontées à l’insécurité alimentaire, dont 84 000 en situation d’urgence, selon les données de l’IPC. Les cyclones successifs viennent ainsi aggraver une crise structurelle, alors que la saison cyclonique est loin d’être terminée.
Des destructions massives après les cyclones Fytia et Gezani
Sur le terrain, les dégâts causés par le cyclone Gezani sont considérables. À Toamasina, principal port et deuxième centre urbain du pays, près de 80 % de la ville a été endommagée. L’électricité ne fonctionnait plus qu’à environ 5 % de sa capacité, l’accès à l’eau est fortement perturbé et de nombreuses familles se retrouvent sans abri.
S’exprimant depuis Antananarivo, la directrice du PAM à Madagascar, Tania Goossens, a décrit une situation « véritablement stupéfiante ». Les autorités font, actuellement, état de 52 décès et plus de 800 blessés, tandis que des milliers de personnes tentent de survivre dans des habitations partiellement détruites ou des abris temporaires.
Des équipes d’intervention d’urgence pour assister les populations déplacées ont déjà été déployées. D’un côté, face à l’ampleur de la crise, les agences humanitaires appellent à un soutien international renforcé afin de permettre aux communautés de se relever, de reconstruire et de renforcer leur résilience face aux chocs climatiques à venir.




