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Recherche scientifique : la goyave-fraise, un frein inattendu à la renaissance des forêts malgaches

06/02/2026 15:39 © Moov.Mg

Une étude scientifique menée dans le parc national de Ranomafana révèle qu’une plante envahissante, la goyave-fraise, empêche la forêt de se reconstituer naturellement, malgré la présence de jeunes arbres. Un défi pour les efforts de reforestation et la protection des écosystèmes malgaches.

Une plante qui bloque le cycle naturel de la forêt

Dans le parc national de Ranomafana, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, des chercheurs américains et malgaches ont mis en évidence un obstacle inattendu à la régénération des forêts : la prolifération de la goyave-fraise, localement appelée « goavy tsinahy ». Cette plante envahissante, introduite à Madagascar au XIXᵉ siècle depuis le Brésil, prospère dans les zones forestières perturbées par la déforestation. Dirigée par la biologiste Amy Dunham, de l’Université Rice aux États-Unis, l’étude montre que, même plusieurs décennies après l’arrêt des activités destructrices, certaines forêts ne parviennent pas à se reconstituer à cause de cette espèce.

En comparant des parcelles envahies par la goyave-fraise à des zones voisines restées intactes, les chercheurs ont observé des différences marquées dans la qualité des sols, la biodiversité et la dynamique de la végétation. Les sols sous les fourrés de goyaviers se révèlent appauvris en nutriments essentiels, comme le carbone et l’azote. La densité excessive de la plante modifie également la structure du sous-bois et réduit la diversité des insectes, essentiels à l’équilibre de l’écosystème forestier.

Lutte contre la dégradation des forêts

Le constat le plus préoccupant concerne la régénération des arbres indigènes. Bien que les graines parviennent à germer et que de jeunes plants soient présents en nombre comparable aux zones saines, leur croissance reste bloquée à un stade précoce. Autrement dit, la forêt démarre sa reconstruction, mais n’arrive pas à franchir l’étape suivante. La goyave-fraise pose un dilemme particulier à Madagascar. Ses fruits sont très appréciés par les lémuriens, ces espèces emblématiques et menacées du pays, mais aussi par les populations locales. Elle constitue donc à la fois une ressource alimentaire et un facteur de dégradation de l’habitat naturel de ces mêmes animaux. « Nous sommes face à une plante qui nourrit les lémuriens tout en détruisant progressivement leur environnement », soulignent les auteurs de l’étude. Cette ambivalence a parfois conduit à minimiser son impact écologique réel.

Alors que Madagascar multiplie les initiatives de reforestation pour lutter contre la dégradation des forêts, ces résultats rappellent que planter des arbres ne suffit pas. Comprendre les interactions entre espèces, sols et biodiversité est essentiel pour garantir une restauration durable des écosystèmes. Les chercheurs estiment qu’une intervention ciblée sera nécessaire pour limiter l’expansion de la goyave-fraise et permettre aux espèces indigènes de reprendre leur place.

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