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Nationale

Prisons à Madagascar : un agent pénitentiaire pour dix détenus, le double de la norme internationale

06/02/2026 11:11 © Moov.Mg

Alors que les établissements pénitentiaires malgaches font face à un surpeuplement chronique, le manque criant de personnel accentue la dégradation des conditions de détention. Un agent pénitentiaire y encadre en moyenne deux fois plus de détenus que ce que recommandent les standards internationaux.

Détention dans des conditions extrêmes

Dans les prisons de Madagascar, la surcharge humaine n’est pas qu’une impression. Elle se mesure en chiffres. Selon les chiffres de l’Aumônerie catholique de la prison à Madagascar (ACPM), le pays compte aujourd’hui 32 070 personnes détenues, dont plus de 15 000 en détention préventive, pour seulement 3 434 agents pénitentiaires déployés sur l’ensemble du territoire. Résultat : un agent pour dix détenus, alors que les normes internationales préconisent un ratio d’un pour cinq. « C’est une situation qui ne peut plus durer », a déclaré le père Rivo Jean-Michel Ratiana, aumônier national de l’Ordre de la Très Sainte Trinité à Madagascar, à l'Osservatore Romano, le journal quotidien officiel du Saint-Siège. Pour lui, ce déséquilibre structurel illustre un problème plus large : celui du surpeuplement carcéral, qui pèse à la fois sur les détenus et sur le personnel chargé de leur surveillance.

Dans de nombreux centres de détention, les agents travaillent dans des conditions extrêmes, avec des moyens limités et une charge humaine disproportionnée. La promiscuité, le manque d’espace vital et l’insuffisance de services essentiels compliquent leur mission quotidienne. Dans certaines prisons, 50 à 100 détenus partagent une seule grande pièce, sans lits en nombre suffisant.

Des actions humanitaires importantes

Cette pression ne touche pas uniquement les détenus. « Les gardes eux-mêmes nous demandent de l’aide pour pouvoir améliorer, ne serait-ce qu’un peu, les conditions de détention », témoigne le père Luigi Buccarello, ministre général de l’Ordre des Trinitaires, à l’issue d’une visite dans plusieurs établissements pénitentiaires de la Grande Île. Manque de nourriture, pénuries de médicaments, accès limité aux soins, hygiène précaire : les besoins de base ne sont pas couverts. Dans ce contexte, le déficit en personnel aggrave les risques sanitaires et sécuritaires, tout en réduisant les possibilités d’accompagnement individuel des détenus, qu’il s’agisse de suivi social, psychologique ou juridique.

Face à ces carences, des acteurs non étatiques tentent de combler les vides. Depuis 1983, la Conférence épiscopale de Madagascar a confié l’aumônerie nationale des prisons à l’Ordre des Trinitaires, à travers l’Aumônerie catholique de la prison à Madagascar (ACPM). Aujourd’hui, 11 aumôniers trinitaires interviennent dans les établissements, aux côtés de religieuses et de laïcs. Si la mission est d’abord pastorale, elle s’est progressivement élargie à des actions humanitaires concrètes. Distribution de vêtements, aide alimentaire, prise en charge médicale ponctuelle, fourniture de médicaments : l’aumônerie agit là où les services publics peinent à répondre. « Ici, il faut agir en premier lieu sur le plan humain », souligne le père Buccarello. « Les détenus manquent de tout : d’espace, de soins, de services essentiels. » Les aumôniers organisent également des activités de réinsertion et, dans certains cas, envisagent un accompagnement juridique pour défendre les droits des détenus.

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