Bonne gouvernance : Madagascar ambitionne de tourner la page de la corruption d'ici 2030
À travers la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2025-2030, officiellement lancée à Antananarivo, Madagascar affirme son ambition de bâtir une gouvernance fondée sur l’intégrité. Un cap politique assumé, présenté comme indispensable au développement durable du pays.
Stratégie nationale de lutte contre la corruption
Madagascar entend changer de trajectoire. À l’horizon 2030, le pays vise à devenir une île gouvernée par l’intégrité, où la corruption ne constitue plus un frein structurel au développement. Cette vision est au cœur de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2025-2030, dont la phase de mise en œuvre a été officiellement lancée lors d’une réunion de haut niveau tenue au Palais d’État de Mahazoarivo. La rencontre a marqué le passage de l’intention à l’action. Placée sous la direction du Premier ministre, Chef du Gouvernement, Herintsalama Andriamasy Rajaonarivelo, la réunion a rassemblé les membres du Comité de pilotage chargé de conduire et de coordonner l’application de la stratégie sur les cinq prochaines années. Le Comité est co-présidé par le Président du Comité pour la sauvegarde de l’intégrité, Jean Louis Andriamifidy.
Changement de comportement à tous les niveaux
Au cœur de cette stratégie figure la volonté de mettre fin à l’impunité, longtemps dénoncée comme l’un des moteurs de la corruption. Les autorités affichent l’objectif de renforcer l’État de droit et de garantir une application effective des lois, condition essentielle pour restaurer la confiance des citoyens envers les institutions publiques. La lutte contre la corruption ne se limite pas aux seules institutions de l’État. La stratégie mise sur une mobilisation élargie, impliquant la société civile, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers, ainsi que l’ensemble de la population. L’enjeu est de créer une dynamique collective, capable d’agir sur l’ensemble des secteurs exposés aux pratiques corruptives.
Les autorités insistent sur la nécessité d’un changement de comportement à tous les niveaux. Au-delà des textes et des dispositifs institutionnels, la réussite de la stratégie repose sur des actes concrets, intégrés dans le travail quotidien, la gestion publique et les relations sociales. L’intégrité est ainsi présentée comme une valeur à pratiquer, et non comme un simple principe à proclamer. Ainsi, avec la Stratégie nationale 2025-2030, Madagascar se dote d’un cadre de référence pour transformer durablement sa gouvernance. Si l’ambition est forte, le défi reste désormais de traduire cette volonté politique en résultats mesurables, perceptibles par la population, afin que l’intégrité devienne une réalité vécue et non un objectif lointain.


