Économie : S&P Global Ratings estime Madagascar solvable, mais toujours exposé aux risques
S&P Global Ratings a confirmé la notation souveraine de Madagascar à long terme « B- » et à court terme « B », assortie de perspectives stables. Dans son analyse publiée le 23 janvier 2026, l’agence estime que le pays a traversé une phase de forte incertitude politique en 2025, mais que la situation économique et financière montre aujourd’hui des signes de stabilisation, même si les défis structurels restent nombreux.
Reprise progressive de l’activité économique
La crise survenue à Madagascar entre septembre et octobre 2025, qui a conduit à un changement de pouvoir, a pesé sur l’activité économique. Toutefois, selon S&P Global Ratings, la continuité administrative a été assurée. L’administration publique est restée opérationnelle, les remboursements de la dette ont été honorés dans les délais et la majorité des projets économiques ont repris, parfois avec des retards. Fait notable, les principaux partenaires techniques et financiers, dont le FMI, la Banque mondiale et l’Agence française de développement, ont maintenu leur engagement auprès de Madagascar. La confirmation de la note « B-/B » traduit une situation jugée fragile mais maîtrisée. Cette catégorie indique que Madagascar est en mesure de faire face à ses engagements financiers, tout en restant exposé à des chocs économiques, politiques et climatiques. Le retrait du pays de la liste de surveillance avec implications négatives signifie que S&P ne perçoit plus, à court terme, de risque accru de dégradation de la note.
S&P anticipe une reprise progressive de l’activité économique, avec une croissance du PIB réel qui pourrait atteindre environ 4 % à l’horizon 2028. Cette dynamique serait soutenue par le tourisme, l’agriculture, les technologies de l’information, les industries manufacturières, les mines et les investissements dans les infrastructures. Toutefois, l’agence souligne que cette croissance restera inférieure au potentiel du pays, en raison d’un déficit d’infrastructures, d’un environnement des affaires difficile, d’une gouvernance perfectible et d’une forte exposition aux aléas climatiques.
Un profil de dette publique jugé favorable
Sur le plan budgétaire, Madagascar fait face à des déficits élevés et à des besoins importants en dépenses sociales et en infrastructures. Néanmoins, S&P met en avant un profil de dette publique jugé favorable, caractérisé par une dette majoritairement concessionnelle, à long terme et à taux fixe. Les réserves de change demeurent également à un niveau confortable, couvrant plus de six mois d’importations.
Les perspectives stables reposent sur l’hypothèse d’un apaisement durable du climat politique et d’une transition maîtrisée. Une aggravation des tensions ou une détérioration des finances publiques pourrait peser sur la notation. À l’inverse, une amélioration de la gouvernance, une hausse des recettes publiques et un renforcement des exportations pourraient, à terme, soutenir une évolution plus favorable de l’évaluation du pays.


