Kabary : l’État veut encadrer et labelliser les mpikabary
Art oratoire ancestral et marqueur fort de l’identité malgache, le Kabary s’oriente vers une nouvelle étape de sa valorisation. À l’occasion de la Journée nationale qui lui est consacrée, les autorités ont réaffirmé leur volonté d’encadrer et de reconnaître officiellement les mpikabary professionnels.
Une légitimation institutionnelle attendue
La reconnaissance des mpikabary formés de manière professionnelle constitue une démarche légitime et nécessaire. C’est le message porté par le ministre de la Communication et de la Culture, Gascar Fenosoa, lors de la célébration de la Journée nationale du Kabary, organisée hier à l’Havoria Anosy. Selon lui, l’instauration d’un cachet officiel de l’État, matérialisé par un sceau rouge, viendrait consacrer le statut de ces acteurs culturels, longtemps reconnus par la société mais peu encadrés par les institutions. Cette orientation s’inscrit dans une logique de cohérence culturelle.
Le Kabary, en tant qu’art de la parole codifié et porteur de valeurs sociales, bénéficie déjà d’une reconnaissance internationale à travers son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Pour les autorités, cette distinction mondiale appelle désormais une réponse nationale à la hauteur de son importance symbolique et identitaire. Il ne s’agit plus seulement de préserver la tradition, mais aussi de lui offrir un cadre officiel garantissant sa transmission et sa crédibilité.
Former, encadrer et distinguer les mpikabary
Avant toute mise en application de cette reconnaissance étatique, un travail de fond sera engagé sur la formation. L’Académie Nationale des Arts et de la Culture (ANAC) sera chargée d’élaborer des normes pédagogiques et des critères de qualité communs. L’objectif est d’harmoniser les enseignements dispensés dans les différentes écoles de Kabary et de les aligner sur les exigences du système public, tout en respectant les spécificités de cet art traditionnel. Cette annonce a été faite en marge de la cérémonie officielle de remise des distinctions honorifiques de l’Ordre des Arts, des Lettres et de la Culture.
Au total, 233 mpikabary ont été décorés pour leur contribution à la préservation et à la transmission du Kabary. Parmi eux, 14 ont accédé au rang de Commandeur, 36 à celui d’Officier et 183 ont été faits Chevaliers. Une reconnaissance symbolique forte, qui illustre la volonté de l’État de placer le Kabary au cœur des politiques culturelles nationales.


