Art- Trois artistes lauréates de la bourse à la création 2025
Le projet « Au chant des sirènes » a été distingué par la bourse à la création. Trois femmes, venues de Madagascar et de La Réunion, portent ce projet mêlant musique, danse et arts visuels.
Une alliance artistique au féminin
La bourse à la création 2025 a récompensé le projet « Au chant des sirènes », porté par trois artistes de l’océan Indien : Magalie Grondin, Faragasy et Chacha. Ensemble, elles proposent un univers où se croisent voix, corps et arts plastiques. Leur démarche met en avant la créativité féminine et les liens culturels qui unissent les îles de la région. Magalie Grondin, originaire de La Réunion, est plasticienne et performeuse. Son travail explore la mémoire du corps féminin et les rituels de transformation. Elle associe matières organiques et matériaux recyclés pour questionner l’écologie, la spiritualité et l’héritage post-colonial.
À ses côtés, Faragasy, chanteuse et compositrice malgache, développe une pratique musicale ancrée dans les chants rituels et les langues vernaculaires. Sa voix et ses instruments traditionnels créent une dimension vibratoire qui dépasse le simple concert pour devenir une expérience de soin et de transmission.
Quand l’art devient acte social
Le trio est complété par Chacha, danseuse et chorégraphe de Diego-Suarez. Engagée dans le hip-hop et la danse contemporaine, elle considère le mouvement comme un outil d’expression et de transformation sociale. Elle est également entrepreneure culturelle, convaincue que la danse peut ouvrir de nouvelles perspectives à la jeunesse. En soutenant ce projet, la bourse à la création confirme son rôle essentiel : offrir aux artistes des moyens pour développer leurs recherches et diffuser des œuvres innovantes. « Au chant des sirènes » dépasse la performance artistique : il interroge la mémoire, les racines et la place du corps féminin dans nos sociétés. Pour Madagascar comme pour La Réunion, cette reconnaissance illustre la vitalité de la scène artistique régionale et sa capacité à dialoguer avec le monde. En donnant la parole à trois femmes créatrices, le projet affirme que l’art est à la fois un espace de liberté, de guérison et de lien entre les cultures.