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Nationale

Droits humains : plus de 5 000 jeunes formés grâce au projet Rary Aro Madagascar 2

22/07/2026 15:18 © Moov.Mg

Après deux ans et demi de mise en œuvre, le projet Rary Aro Madagascar 2 (RAM2) s'est officiellement achevé ce 22 juillet. Financé à hauteur de 2 millions de dollars par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix (PBF), le programme a permis de former plus de 5 000 jeunes Malgaches aux droits humains et à la culture de la paix. Au-delà des formations, il laisse en héritage des mécanismes appelés à renforcer durablement la participation des jeunes à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix.

Des milliers de jeunes sensibilisés et formés

Le projet Rary Aro Madagascar 2 (RAM2) a officiellement pris fin ce mardi 22 juillet 2026, lors d'une cérémonie réunissant les partenaires institutionnels, les agences des Nations unies et de nombreux jeunes engagés. Mis en œuvre depuis janvier 2024 par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH), l'UNESCO et l'UNICEF, sous la tutelle du ministère de la Jeunesse et des Sports, le projet est intervenu dans neuf régions de Madagascar.

Son principal résultat est la formation de plus de 5 000 jeunes aux droits humains, au suivi des violations, à l'autoprotection ainsi qu'à l'éducation aux médias et à l'information. Le programme a également accompagné 517 jeunes leaders, dont près de 90 % de femmes, afin de renforcer leur rôle dans la promotion des droits humains et de la paix au sein de leurs communautés.

Des jeunes devenus des acteurs de changement

Les responsables du projet estiment que RAM2 a contribué à transformer la place des jeunes dans la société. Autrefois considérés principalement comme des bénéficiaires, ils participent désormais davantage aux actions de médiation, de prévention des tensions et de dialogue avec les autorités. « Le projet nous a permis de prendre nos responsabilités et de changer les choses dans nos communautés », a témoigné Marie Zara, présidente de l'AFHAM à Toamasina. À Toliara, Tinah, coordinatrice de l'Observatoire national du développement humain, affirme avoir gagné suffisamment de confiance pour dialoguer directement avec les autorités, une démarche qu'elle n'osait pas entreprendre auparavant.

Pour Mario Ratovonirina, responsable du suivi-évaluation du Secrétariat technique du PBF, le projet a surtout permis d'investir dans « la confiance » entre les citoyens, les institutions et la jeunesse. Selon lui, les résultats dépassent largement les statistiques, car ils traduisent une évolution durable des parcours de vie des jeunes bénéficiaires.

Un dialogue renforcé avec les institutions

Au-delà des formations, RAM2 laisse plusieurs dispositifs destinés à poursuivre leur mission après la fin du financement. Les neuf comités de paix créés dans les régions d'intervention poursuivront leurs activités, tout comme les neuf observatoires régionaux des droits humains. Le projet a également consolidé l'Observatoire national des droits humains (ONDH), désormais présenté comme un mécanisme national de coordination, d'analyse, d'alerte précoce et de plaidoyer. Des fonds de protection et des mécanismes d'assistance juridique, psychosociale et financière ont également été mis en place pour soutenir les jeunes défenseurs des droits humains confrontés à des risques. Selon Tahina Rakotoson, chargé de programme au HCDH, ces outils permettront de poursuivre les actions engagées bien au-delà de la clôture du projet.

Les agences des Nations unies soulignent également les avancées enregistrées dans les relations entre les jeunes et les institutions publiques. Le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité, des magistrats et des autorités locales a favorisé un dialogue plus constructif avec les jeunes, ainsi qu'une meilleure prise en compte des droits humains. Pour Louise Haxthausen, directrice régionale de l'UNESCO pour l'Afrique de l'Est, les différents résultats obtenus témoignent de la mise en place d'un système où les jeunes peuvent désormais s'exprimer avec davantage de confiance et où les acteurs institutionnels ont pris l'habitude de coopérer.

Une société plus inclusive, plus résiliente et plus pacifique

Financé à hauteur de 2 millions de dollars par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, RAM2 constitue la seconde phase d'un programme engagé depuis 2021. Cette nouvelle étape avait pour objectif de consolider les acquis du premier projet et de mettre en place des mécanismes pérennes de protection des jeunes défenseurs des droits humains.

L'Observatoire national des droits humains estime que la fin du projet ne marque pas la fin de l'engagement. L'organisation entend poursuivre ses missions de promotion et de protection des droits humains afin de préserver les acquis obtenus et continuer à accompagner les jeunes acteurs du changement. Les partenaires présents à la cérémonie ont partagé le même message : les mécanismes créés, les réseaux de jeunes, les comités de paix et les observatoires devront désormais poursuivre leur action afin que les progrès réalisés continuent de contribuer à une société plus inclusive, plus résiliente et plus pacifique à Madagascar.

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