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Economie

Refondation économique : Madagascar engage un dialogue pour changer de cap

19/01/2026 19:35 © Moov.Mg

Réunis ce 19 janvier 2026 au Centre de conférences international d’Ivato, près de 400 acteurs publics et privés participent aux Assises pour la relance économique. L’objectif est d’instaurer un dialogue structuré entre l’État et les forces économiques afin d’accélérer la transformation de l’économie, stimuler l’investissement et créer des emplois durables.

Les Assises pour la relance économique se sont ouvertes ce lundi au CCI Ivato, en présence du Président de la Refondation de la République, Michaël Randrianirina, des hauts conseillers de la Refondation, du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo, de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que des représentants du secteur privé et des partenaires techniques et financiers. En tout, 400 participants sont conviés à ces concertations, conçues comme un espace de dialogue renforcé entre l’État, les entrepreneurs et les acteurs économiques. L’initiative entend rompre avec les approches fragmentées du passé pour poser les bases d’une relance coordonnée, axée sur l’investissement productif, la création d’emplois et la transformation structurelle de l’économie.

Plan national de relance de l’économie

Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a appelé à un changement profond de modèle économique. « Refonder l’économie, c’est libérer l’avenir de notre Nation qui appartient à la jeunesse », a-t-il déclaré, soulignant que le modèle fondé sur les rentes « a atteint ses limites ». Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de passer « du potentiel à la création de valeur, de l’attente à la réaction », en bâtissant « une Nation de producteurs, d’entrepreneurs et d’innovateurs ». La création d’emplois est présentée comme une priorité centrale, dans un contexte où « des centaines de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail ».

Le ministre de l’Industrialisation et du Développement du Secteur privé, Andriniaina Rasoarahona, a de son côté affirmé que « le renouveau ne se fera pas par les méthodes traditionnelles d’autrefois ». Il a mis en avant l’importance de la coopération au service du bien commun. Par ailleurs, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, a présenté la vision stratégique de l’État, structurée autour d’un calendrier précis. La première phase vise la restauration de la confiance et la relance des investissements via un Pacte national, avant une phase de consolidation à partir de 2027 destinée à asseoir un développement inclusif et stable. Pour traduire cette vision en résultats concrets, le gouvernement prévoit d’identifier des réformes à impact rapide sur l’emploi et la productivité, assorties de contrats de performance État-Privé. L’issue des Assises devrait déboucher sur l’adoption d’un plan national de relance.

Des résultats attendus, rapidement mesurables

Au nom du secteur privé, le président du Groupement des Entreprises de Madagascar (GEM), Francis Rabarijhon, a estimé qu’« il est tout à fait possible de faire progresser l’économie malgache » si l’État et les entreprises font preuve d’un engagement commun. « Nul ne peut réussir seul », a-t-il déclaré, soulignant que la coopération repose sur la confiance mutuelle, la bonne gouvernance et la transparence. Le secteur privé se dit prêt à coopérer, à condition que les décisions issues des Assises soient effectivement mises en œuvre. Pour le GEM, la démarche engagée marque « un départ axé sur l’action, la réforme et l’investissement ».

Le Président de la Refondation, Michaël Randrianirina, a placé ces concertations sous le signe de l’efficacité. « Les résultats doivent être ressentis par tous », a-t-il insisté, rappelant que Madagascar dispose de ressources et d’atouts pour engager le changement. Sur le plan international, le chef de l’État a évoqué des perspectives de coopération avec les pays du Golfe, l’Afrique du Sud dans les secteurs des routes et des télécommunications, ainsi que l’intérêt de Madagascar pour une intégration au groupe des BRICS. Il a également remercié l’Union européenne pour son soutien constant, notamment dans le cadre de ces concertations économiques, précisant que toutes les coopérations visent « avant tout l’intérêt du peuple malgache ».

Présent à l’ouverture, Roland Kobia, ambassadeur de l’Union européenne auprès de Madagascar et de l’Union des Comores, a qualifié ces Assises de moment décisif. « Elles ne sont pas banales », a-t-il affirmé, estimant que la refondation a ouvert une nouvelle séquence politique et économique tournée vers la rupture avec les pratiques du passé et l’obtention de résultats concrets. Rappelant les atouts du pays : jeunesse, capital humain, ressources et accès préférentiel à plusieurs marchés, dont celui de l’Union européenne, le diplomate a souligné que le véritable enjeu reste la création d’emplois et d’investissements productifs. « La relance économique malgache passera par une chose simple mais puissante : le secteur privé, notamment formel », a-t-il conclu.

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