Les Etats-Unis réduisent le nombre de vaccins recommandés pour les enfants
Le ministère américain de la Santé, dirigé par le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr, a annoncé lundi réduire le nombre de vaccins recommandés pour l'ensemble des enfants, une décision lourde de conséquences déjà critiquée par des spécialistes.
Avec cette réforme, six vaccins précédemment recommandés à tous les enfants ne le seront désormais plus que pour ceux particulièrement à risque.
Cela concerne les vaccins contre la grippe, l'hépatite A et B, les méningocoques (à l'origine de méningites), ainsi que contre les rotavirus, responsable de gastro-entérites. Celui contre le Covid-19 avait déjà été retiré de la liste des vaccins recommandés à tous les enfants il y a quelques mois.
Le président Donald Trump avait demandé à son ministre de revoir la politique vaccinale américaine à l'aune des pratiques des autres pays développés.
"Après un passage en revue exhaustif des connaissances", a déclaré le ministre Robert Kennedy Jr dans un communiqué, "nous alignons le calendrier américain des vaccinations pédiatriques avec le consensus international, tout en améliorant la transparence et le consentement éclairé."
Mais de nombreux médecins s'inquiètent.
Décisions précédentes
"Le calendrier américain pour les vaccins pour enfants est l'un des outils les plus minutieusement étudiés que nous ayons pour protéger les enfants de maladies graves, parfois mortelles", a réagi Sean O'Leary, spécialiste en maladies infectieuses et pédiatrie.
"Il est crucial que toute décision" à ce sujet "soit basée sur des preuves" et "non des comparaisons qui ne tiennent pas compte de différences majeures entre pays et systèmes de santé," a-t-il ajouté.
En France, le vaccin contre l'hépatite B (mais pas A) est obligatoire pour les nourrissons, tout comme celui contre les méningocoques. Celui contre les rotavirus est recommandé, et ceux de la grippe et du Covid-19 sont accessibles.
Cette décision intervient après de nombreuses autres, toutes allant dans le même sens critique envers la vaccination.
En décembre, l'Agence américaine du médicament (FDA) a dit enquêter sur de possibles morts liées aux vaccins contre le Covid-19, quand bien même l'efficacité et la sécurité des vaccins anti-Covid ont été documentées par de nombreuses études.
Plus tôt ce même mois, un groupe d'experts entièrement remanié par le ministre a décidé de cesser de recommander le vaccin contre l'hépatite B à l'ensemble des nouveau-nés, et ce contre l'avis de nombreux soignants.
Ces initiatives suscitent l'inquiétude au sein de la communauté médicale américaine, qui accuse ces experts de chercher à restreindre les accès aux vaccins, alors même que les taux de vaccination du pays évoluent à la baisse depuis la pandémie de Covid-19 et font craindre le retour de maladies contagieuses mortelles, comme la rougeole.


