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22-07-2021 par L'Express de Madagascar

Quatre accords de partenariat entre Madagascar et la Banque mondiale ont été signés, hier, à Iavoloha. D’un montant de 490 millions de dollars, les projets concernés devront renforcer la riposte contre la pandémie et booster la relance socio-économique.


Copyright Image : L'Express de Madagascar


Des changements concrets. Des résultats tangibles. Amélioration palpable de la vie de la population. Changer la vie des bénéficiaires. Ces expressions ont été martelées durant la cérémonie de signature des accords entre Madagascar et la Banque mondiale, hier, au palais d’État d’Iavoloha.

Des expressions pour résumer les objectifs des quatre projets qui seront financés, en tout, à hauteur de 490 millions de dollars. Les projets présentés, hier, visent à appuyer les efforts étatiques dans la riposte contre le coronavirus, mais surtout, à donner un coup de fouet à la relance socioéconomique.

Il y a une enveloppe de 100 millions de dollars pour soutenir l’acquisition de vaccin anti-Covid-19 et le renforcement du système de santé. Une deuxième enveloppe d’un montant de 150 mil­lions de dollars dans le cadre du 3e volet du Projet de transformation économique pour la croissance inclusive (PIC3).

Le PIC3 soutiendra surtout la relance économique post-crise sanitaire en ciblant les Petites et moyennes entreprises (PME), dans trois secteurs. Il y a la relance du tourisme et l’appui à l’agribusiness dans les régions Diana, Anosy, Atsimo Andre­fana et à Sainte-Marie, ainsi que le secteur numérique dans la région Analamanga.

«Nous espérons que le PIC3 apportera une bouffée d’air pour relancer et appuyer ces secteurs porteurs d’emploi et qui donne une opportunité pour profiter des dividendes démographiques que sont les jeunes », déclare Marie-Chantal Uwanyiligira, représentante résidente de la Banque mondiale.

Le troisième accord signé, hier, concerne un projet de réhabilitation de 1 200 kilomètres de routes, financé à hauteur de 200 millions de dollars. « Il s’agit d’un des plus importants accords de financement jamais signé, pour la réhabilitation des routes à Madagascar », se réjouit Andry Rajoelina, président de la République. Les Routes nationales (RN), que sont la RN2, la RN7, la RN4, la RN34, la RN3-A, la RN5-A, la RN30, la RN30-A, la RN57, la RN12, la RN45 et la RN25 sont les sites ciblés par ce projet.

Le chef de l’État a mis l’accent sur le fait que la réhabilitation dans les plus brefs délais de la RN2, reliant Antananarivo et Toamasina, soit une priorité. Il s’agit d’un artère stratégique étant donné que c’est la voix principale pour l'acheminement des marchandises débarquées au grand port, vers la capitale et les autres régions.

Dans un reportage diffusé en introduction de la cérémonie d’hier, il a été souligné que « réhabiliter des infrastructures routières crée des emplois aujourd’hui et assure la production de demain ». Le dernier accord signé porte sur un fond additionnel de 40 millions de dollars, pour le Projet d’agriculture durable par une approche paysage (PADAP). Ce projet soutient les efforts d’innovation pour une agriculture productive et résiliente. Il a été expliqué, hier, que ces quatre projets sont parmi les priorités définies par l’État. Des projets prioritaires qui devront avoir un impact direct sur la population.

« L’objectif de ces quatre projets est d’apporter concrètement et substantiellement des changements dans le quotidien des Malgaches », soutient le président de la République. La représentante résidente de la Banque mondiale renchérit, « au-delà des montants que l’on annonce ici et là, ce qui est important pour nous, c’est que ça change des vies ».

Les 490 millions de dollars destinés aux quatre projets présentés, hier, sont une tranche des 1,1 milliards de dollars acquis par Mada­gascar dans le cadre de l’IDA19, pour l’exercice fiscal allant du 1er juillet 2020, au 30 juin 2021. Une somme allouée par l’Association internationale de développement (IDA), une des cinq institutions de la Banque mondiale. 22% de ce fonds ont été décaissés pour la riposte à la pandémie. Les 78% restants sont destinés à la reprise économique postcrise sanitaire.

Pour Marie-Chantal Uwanyiligira, il est question de « saisir l'opportunité de cette crise pour accélérer les réformes structurantes qui seront cruciales pour que le pays puisse reprendre, immédiatement après, une vitesse de croissance ». Andry Rajoelina, quant à lui, présente la cérémonie d’hier, comme une démonstration de « la volonté inébranlable de l’État », a redresser le pays, bien que la dynamique ait été freinée par la pandémie.

Le Président concède, néanmoins, que la détermination étatique « a besoin d’un soutien et d’un accompagnement pour rattraper le retard de développement de Madagascar et accélérer sa croissance ». Le chef de l’État a, par ailleurs, souligné un paramètre crucial pour la relance économique et l'émergence, « la stabilité ».

Selon Andry Rajoelina, « les études et projections faites par les experts du Plan émergence de Madagascar (PEM), ont démontré que pour pouvoir réaliser une croissance à deux chiffres, mais surtout pour atteindre notre objectif de tripler notre PIB [Produit intérieur brut], il faudra assurer, de suite, encore trois élections présidentielles avec une alternance démocratique ». Il insiste sur le fait que « la paix et la stabilité sont donc primordiales ».