Vous êtes ici

19-11-2020 par L'Express de Madagascar

La campagne électorale pour les élections sénatoriales démarre ce jour. Vingt-et-un jours de propagande lors desquels les Forces de défense et de sécurité veillent au grain.


Copyright Image : L'Express de Madagascar


COUP d’envoi. Pour ceux qui sont en lice pour briguer les douze sièges d’élu au Sénat, les hostilités démarrent, ce jour. Comme prévu dans le chronogramme défini par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la campagne électorale pour le scrutin du 11 décembre a débuté officiellement ce matin, à 6 heures.

Ce début de campagne électorale est, visiblement, placé sous le signe de la sécurité. Depuis lundi, la sécurisation des sénatoriales a été au centre de différentes réunions au sein de l’Exécutif.
À commencer par une réunion de l’Organe mixte de conception (OMC), au niveau national. Une entité présidée par Christian Ntsay, Premier ministre, et composée par les membres du gouvernement concernés par la défense et la sécurité, la justice et la gouvernance territoriale.

La sécurité de la campagne et du scrutin du 11 décembre a également, été au cœur de la réunion des hauts responsables de la gendarmerie nationale, au camp Ratsimandrava, mardi. C’est à cette occasion, que le général Richard Ravalomanana, secrétaire d’État à la gendarmerie nationale, a asséné une semonce sur l’opposition. Il a, notamment, pris à partie des députés d’opposition en tournée, au motif de faire un rapport des activités parlementaires à la population.

Le boss de la gendarmerie nationale affirme que ces tournées des députés d’opposition « où les discours n’ont rien à voir avec un rapport des travaux parlementaires, font partie des tentatives de déstabilisation du processus électoral ». Le général Ravalo­manana avance comme hypothèse le fait que, « n’ayant pas pu empêcher la tenue des sénatoriales, l’opposition pourrait essayer de rendre les élections non crédibles ».

Durant la réunion au camp Ratsimandrava, ordre a été donné à tous les responsables des bérets noirs dans tout le pays d’assurer le bon déroulement des sénatoriales. La sécurité des acteurs électoraux, notamment, des grands électeurs est aussi souligné. À cela s’ajoute la lutte contre l’insécurité que le général Ravalomanana affirme comme « un moyen de déstabiliser les élections ».

Le commandement de l’État-major mixte opérationnel au niveau national (EMMO-NAT), a pris la parole, hier. Il a fait mention de la sécurisation du processus électoral, mais aussi, la mise en place de dispositifs contre d’éventuels actes de déstabilisation. Leader de l’EMMO-NAT, le général Njatoarisoa Andrian­janaka, commandant de la gendarmerie nationale, a invité « les grands électeurs à s’adresser sans hésitation aux Forces de défense et de sécurité (FDS), en cas de menace à leur encontre ».

À entendre les prises de parole des deux hauts responsables de la gendarmerie nationale, mardi et hier, les autorités semblent craindre que les grands électeurs subissent des pressions. Une manière probable de les dissuader d’aller voter le 11 décembre. Le branle-bas de combat au niveau de l’Exécutif intervient au lendemain d’une manifestation de l’opposition, à Antsirabe, samedi. L’interdiction de manifester n’a, en effet, pas empêché une foule de partisans de venir soutenir les parlementaires du « Tiako i Madagasikara » (TIM).

Il est probable que la réaction de l’Exécutif de sécuriser les sénatoriales soit une réponse aux événements d’Antsirabe. Durant une réunion avec les maires et conseillers municipaux TIM, hier, à Bel’Air, Marc Ravalomanana, président national du parti d’opposition, a répliqué aux tenants du pouvoir.

« Le rôle de l’opposition n’est pas de vous caresser dans le sens du poil. Il est de dénoncer les défaillances du pouvoir et le non-respect de la loi », déclare l’ancien président de la République. Sur sa lancée, Marc Ravalomanana met en avant la liberté d’aller et venir, ainsi que la liberté d’expression et d’opinion. « L’état d’urgence sanitaire est levé, d’autant plus. Nous respectons la loi et n’avons aucune intention de verser dans la provocation », a-t-il affirmé.