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12-01-2021 par L'Express de Madagascar

Les trois individus appréhendés avec les 73,5 kilos d’or, seront présentés à la justice sud-africaine, ce jour. L’État malgache, pour sa part, souhaite leur extradition et la restitution de l’or.


Copyright Image : L'Express de Madagascar


Une audience préliminaire. Selon une source locale, telle serait l’étape judiciaire qui se tiendra, ce jour, auprès du tribunal de première instance de Kempton Park, une localité proche de Johannesburg, à l’encontre des trois personnes mises en cause dans la tentative d’exportation illicite de 73,5 kilogrammes d’or.

L’État malgache souhaite cependant l’extradition des trois trafiquants d’or présumés, avant que ne démarre cette saga judiciaire. L’acte officiel y afférent a déjà été remis à l’ambassadeur d’Afrique du Sud, dimanche. L’extradition requise par les autorités malgaches pourrait, cependant, avoir des difficultés à trouver écho auprès de leurs homologues sud africains. Bien que la demande soit faite par voie diplomatique, le sujet concerne, d’abord, les entités judiciaires des deux pays concernés.

Le fait qu’il n’y ait pas d’accord de coopération entre les deux pays est déjà un facteur d’obstacle. L’État invoque, toutefois, la loi relative à la coopération internationale en matière pénale datant de 2017. Le texte précité prévoit, toutefois, que l’extradition est exécutée, « sur la base d’un engagement réciproque de bonne coopération [ou] sur la base du principe de réciprocité ».

Comme il s’agit d’une loi malgache, l’Afrique du Sud n’a donc aucune obligation de s’y tenir. Soigner la coopération bilatérale avec Mada­gascar pour motiver une décision favorable à l’extradition. Une rumeur selon laquelle, une délégation spéciale se serait envolée pour l’Afrique du Sud afin de négocier l’extradition et la restitution de l’or a circulé, hier. Une information non confirmée, cependant. « Cela a bien été envisagé, mais je ne suis pas en mesure de vous dire si ça été suivi d’acte ou non », répond une des sources contactées.

Le cas Marc Ravaloma­nana, ancien chef d’État, indique, cependant, que les autorités de la nation Arc-en ciel peuvent être tenaces au sujet de l’extradition. Certes, il y a eu une dimension politique, mais l’ancien président a pu se réfugier en Afrique du Sud, durant plus de cinq ans. Un événement récent ayant fait scandale pourrait, par ailleurs, avoir amené les autorités sud-africaines à serrer la vis.

En novembre, un prédicateur malawite multimillionnaire, accusé de détournement de fonds et fraudes, a profité d’une mise en liberté sous caution pour fuir au Malawi. L’audience de ce jour, à Kempton Park, aura pour objet de déterminer si les trois prévenus mis en cause dans l’affaire des 73,5 kilos d’or bénéficieront ou pas d’une mise en liberté sous caution. Une intransigeance de la part du magistrat chargé du dossier pourrait indiquer que la justice sud-africaine souhaite mener l’affaire jusqu’à son terme.

« Interpol est, d’autant plus, déjà impliqué dans l’enquête », souligne une source. Dans son communiqué du 4 janvier, les services de police sud-africaine ont rapporté qu’une collaboration avec Interpol est engagée « pour déterminer la légalité des documents de certification fournis par les individus et, également, déterminer le pays où l’or a été extrait ». Les trois présumés contrebandiers auraient, en effet, présenté des documents « maliens », pour justifier le transport de la cargaison de métaux précieux.
Des régions du Mali servent de base arrière aux groupes terroristes qui martyrisent la zone nord-ouest de l’Afrique. Les documents présentés par les trois Malgaches pourraient expliquer l’implication d’Interpol. Ceci de crainte, probablement, que l’affaire ait un quelconque lien avec le financement du terrorisme.

Sur le plateau d’une station privée de la capitale, hier, Rinah Rakotomanga, directrice de la communication de la présidence de la République, a affirmé que les autorités maliennes « ont démenti l’information selon laquelle l’or vient du Mali ». Elle a mis l’accent sur le fait que l’objet du délit est malgache et que Madagas­car est la partie lésée par cette exportation illicite. En Afrique du Sud, les trois présumés trafiquants sont accusés de « commerce illicite de métaux précieux et violation de la loi douanière ».