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14-01-2022 par L'Express de Madagascar

L’eau monte dans les bas quartiers et autour des zones remblayées. Les constructions illicites devraient être démolies pour éviter les inondations à Antananarivo.



Lydia Rasoa­rimalala a décidé de rester chez elle, hier, pour surveiller ses trois enfants. Elle craint pour leur vie, suite à la montée des eaux dans le quartier. Dans la cour, le niveau de l’eau arrive jusqu’aux genoux, et dans la maison, il atteint une vingtaine de centimètres. « L’an dernier, mon cadet, alors âgé de 5 ans, est tombé dans l’eau. Heureusement que je n’étais pas loin pour le sauver à temps », raconte-t-elle, en tenant son benjamin dans ses bras.

Depuis, Lydia Rasoa­rimalala ne quitte plus de très loin ses enfants, chaque fois que l’eau monte. Elle ne les autorise à jouer que sur le lit. Lorsqu’elle travaille, elle les emmène avec elle, si personne ne peut assurer leur garde. « Je voudrais bien quitter cet endroit, mais je n’ai pas le moyen de louer une maison ailleurs. Ici, je ne paie pas de loyer, la maison appartient à mes beaux parents », explique-t-elle.

Cela fait deux jours que le niveau de l’eau augmente à Andavamamba Anjezika. « Il n’y a pas d’évacuation d’eau, dans cette zone. Nous nous trouvons dans une sorte de cuvette. C’est la raison pour laquelle, l’eau est montée après ces pluies successives », indique Jean Rolland Rakotoarison, chef secteur à Andava­mamba Anjezika. Il a identi­fié une vingtaine de maisons envahies par l’eau et trois qui menacent de s’effondrer.

L’eau monte un peu partout, à Antananarivo. Aussi bien les lieux d’habitation que les zones de culture sont menacés.

L’Autorité pour la protection contre les inondations de la plaine d’Antananarivo (Apipa) a recommandé aux paysans de Betsimitatatra de récolter le riz lorsque les grains sont mûrs. « La quantité de pluie est assez importante ces derniers temps », indique le directeur général de l’Apipa Ranto Rakotonjanahary qui fait preuve de prudence. À ce rythme, ces rizières risquent d’être inondées. Certains paysans sont inquiets. Ils doivent attendre plusieurs jours avant que les grains soient bien mûrs.
À Alasora, le maire de la commune, Jimmy Randriantsoa, parle d’une cinquantaine d’hectares de superficie recouverte d’eau, dans les fokontany de Sud Ambohipo, d’Ankadindra­tombo et de l’Est Mahazoa­rivo. « Les remblais ne sont pas à l’origine de cette montée des eaux. Ce sont les constructions illicites qui ont provoqué ce phénomène. Certaines maisons sont construites au niveau de canaux d’évacuation », justifie Jimmy Randriantsoa.

Des travaux de curage sont en cours à Alasora. Cette commune sera également équipée d’une motopompe pour accélérer le tarissement de l’eau. Pour les bas quartiers de la ville d’Antanana­rivo, la station de pompage de l’Apipa à Ambodimita pompe déjà l’eau pour éviter les inondations en cette saison pluvieuse.
La montée des eaux se reproduit à chaque saison de pluie à Antananarivo. On sait déjà que les constructions illicites, comme les remblais, sont à l’origine de ce phénomène. Des zones inondables sont remblayées. Selon un technicien, il faudra raser toutes les constructions illicites et exiger le système d’évacuation d’eau dans les zones remblayées, pour prévenir les inondations. La balle est dans le camp des dirigeants.