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03-08-2022 par L'Express de Madagascar

Elysé Randrianarisoa, chef des criminels auteurs du génocide à Ankazobe, avec son frère et un complice, sont activement recherchés. Le hameau attaqué est complètement déserté.



L’enquête de la gendarmerie va bon train concernant la tuerie survenue à Ambohitriniandriana, Ankazobe. Toutes les unités ont été saisies pour identifier et arrêter ceux qui ont causé la mort de trente-deux personnes.
Le capitaine Safidiniavo Toky Andriambeloniaina et ses hommes de la compa- gnie Imerina centrale ont arrêté depuis dimanche cinq suspects. Ils ont lancé des avis de recherche contre Elysé Randrianarisoa, son frère Emile Randrianarisoa et leur complice Norbert Randriamananjara.
Elysé, alias Iarisy, 30 ans, est le chef des scélérats, auteurs du carnage. Un ban- dit dangereux, il mène une vie nomade et se déplace entre Anjozorobe, Ankazobe et Ambohidratrimo. Son frère est récemment sorti de prison, en juin. Il était absent lors de la perquisition de son domicile, à Belavabary Ambatomanoina. Le dernier larron est également en cavale. Un tas d’amulettes a été découvert chez lui.
Trois autres individus ont été cités dans le crime. L’équipe judiciaire est sur le point d’établir leurs signa-
lements.

Parallèlement à l’opération de l’armée et de la gen- darmerie, le soutien des rescapés de la boucherie suit son cours. D’après la commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH), ils ont déserté le village. Ils ont décidé d’abandonner leurs maisons et certains biens qu’ils ne pouvaient pas porter. À l’arrivée de l’équipe de la CNIDH sur place, une femme s’apprê- tait à quitter l’endroit. Elle a perdu toute sa famille, brû- lée vive.
« Les assaillants ont arraché les toits de deux maisons où se cachaient leurs cibles. Ils ont démoli le plafond par où ils ont lâché des foins pour brûler les victimes. Ils n’ont laissé personne sortir. Ils ont abattu ceux qui tentaient de se sauver », raconte Seth Andriamarohasina, président de la CNIDH.
« Des habitants ont entendu et su à l’avance la venue des bandits, mais n’ont pas prévenu les forces de l’ordre », déplore-t-il en insistant sur les droits de solidarité. « Une rancune née d’un litige foncier s’est soldée par cette hécatombe. Chaque individu, les forces de l’ordre, le service foncier, la justice, nous et l’État avons une obligation pour que cela ne se reproduise plus », enchaîne-t-il.
La commission remettra aux autorités le rapport des faits incluant de mesures préventives, de solutions à court et à long termes pour éviter une telle atrocité nui- sant aux droits humains.