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22-11-2021 par Midi Madagasikara

Une stratégie de service agricole aurait dû être validée fin octobre dernier. Mais le collège des paysans a réclamé un report afin qu’il puisse soumettre ses propositions.


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« Nous revendiquons, entre autres, la participation des paysans qui sont représentés par la Chambre d’Agriculture ou « Tranoben’ny Tantsaha » de Madagascar (TTM) et les Organisations Paysannes Faîtières (OPF), à la prise de décision relative au développement rural ». La présidente du « Tranoben’ny Tantsaha », Angeline Razafimbololona, l’a évoqué lors de la réunion du conseil d’administration de cet organisme la semaine dernière à son siège à Nanisana. A titre d’illustration, « au niveau de l’organe qui décide de l’octroi des subventions du Fonds de Développement Agricole (FDA), nous ne représentons plus que le quart des membres, contre la moitié auparavant. Nos décisions ne sont parfois pas prises en compte étant donné que nous sommes minoritaires. Des demandes de financement pour l’acquisition de zébus sont entre autres inéligibles à cause de la recrudescence des actes de dahalo alors qu’on en a besoin pour nos activités agricoles. Il en est de même pour l’élevage de poulet gasy faute de rentabilité. Pourtant, nous trouvons que cela correspond bien aux besoins des paysans », a-t-elle rajouté.

 

Prises en considération. En outre, le « Tranoben’ny Tantsaha de Madagascar » réclame la valorisation des paysans relais, la recherche d’autres bailleurs qui interviennent au niveau local, autre que le FDA et la pérennisation des offres de services agricoles. « Nous trouvons également efficace le renforcement de la mise en place du Conseil de Gestion de l’Exploitation Agricole Familiale (CGEAF), dans toutes les régions de Madagascar. En effet, celui-ci peut identifier les besoins des paysans au niveau local, soit au niveau des communes, voire des fokontany alors que le Centre des Services Agricoles (CSA) se trouvent seulement au niveau des districts », a fait savoir Roland Rakotovao, le vice-président de la TTM. En tout, la Chambre d’Agriculture de Madagascar et les Organisations Paysannes Faîtières veulent être prises en considération dans la prise de décision qui contribue au développement rural, étant donné qu’ils représentent la majorité des paysans issus des 23 régions de Madagascar.

 

Nouvelle loi foncière. Par ailleurs, le secrétaire général du « Tranoben’ny Tantsaha de Madagascar », Véronique Rasoloniaina, a réitéré lors de la réunion du conseil d’administration de cette entité, que les paysans s’opposent à l’adoption de la nouvelle loi foncière No 2021-036 sur la propriété privée non titrée. En effet, « celle-ci ne garantit plus le droit de propriété des terrains mis en valeur par les paysans depuis de belles lurettes faute de titres fonciers dont l’acquisition n’est pas à leur portée. Raison pour laquelle, nous demandons humblement au président de la République de ne pas signer cette nouvelle loi. Tous les documents y afférents lui ont été transmis. Nous réclamons également la rencontre directe avec le Chef de l’Etat afin que nous puissions lui étaler nos problèmes et nos inquiétudes si jamais cette loi est mise en application. Une rencontre avec le président du Comité du Fampihavanam-pirenena (CFM) a déjà eu lieu pour lui expliquer la situation », toujours d’après les explications du secrétaire général du « Tranoben’ny Tantsaha de Madagascar ».

 

Navalona R.