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14-09-2021 par Midi Madagasikara

La période post-Covid qui est en train de faire son chemin est en train de provoquer une autre crise, celle des conteneurs.


Copyright Image : L'Express de Madagascar

 

Achetez vos cadeaux de Noël dès maintenant. Le conseil paraît bizarre, mais en vérité il n’est pas aussi irréaliste qu’on peut le croire puisque d’ici à la fin de l’année, c’est-à-dire dans les quatre mois qui viennent, les prix des produits importés risquent encore de flamber. Et pour cause, le coût du fret maritime continue d’augmenter à une vitesse vertigineuse.

Vitesse grand V

« L’année dernière, on a payé 3.000 USD pour le transport d’un conteneur de 40 pieds de la Chine vers Madagascar. Actuellement, je dois débourser 12.500 USD », explique un importateur de produits audiovisuels et d’électroménagers. Ce qui constitue une hausse de 316% en moins d’un an. Une augmentation qui est passée à la vitesse grand V depuis le début de cette année. « En janvier, on était encore à 6.500 USD, puis en juillet, on est passé à 9.000 USD avant d’atteindre les 12.500 USD actuellement », continue notre interlocuteur qui se demande s’il va pouvoir continuer ses activités avec de tels prix. « Pour les produits volumineux comme les réfrigérateurs et les machines à laver, le coût du fret tient une place importante dans la structure du prix et on est obligé de les répercuter sur nos prix de vente », ajoute-t-il. Il n’y a évidemment pas que les réfrigérateurs et les machines à laver puisque tous les produits venant de Chine, qui est encore et toujours le plus grand pays d’origine des importations malgaches, sont concernés. Les jouets, vêtements, et autres suivront cette spirale de la hausse du fret maritime provoquant une surchauffe des demandes de conteneurs due à la reprise économique mondiale post-Covid.

Embouteillage

Le terme de crise des conteneurs est d’ailleurs maintenant devenu à la mode. Il s’agit d’une pénurie inhabituelle d’espace disponible pour transporter les produits de l’Asie vers l’Occident.  En effet, les restrictions inhérentes à la pandémie de Covid-19 ont provoqué une sorte d’inertie en matière de transport maritime. Et la réouverture décidée dans les grands pays a provoqué un véritable embouteillage en termes de demandes de conteneurs. Les États-Unis notamment sont les plus grands demandeurs de produits venant de Chine. Dans le pays de l’Oncle Sam, le conteneur venant de Chine est actuellement à 20.000 USD contre 2.000 USD avant la pandémie. Ce qui n’empêche pour autant pas ce grand pays d’importer massivement de Chine. Et il n’y a évidemment pas que les USA puisque pratiquement tous les grands pays de l’Occident enregistrent, en ce moment, un flux excessif de conteneurs. Malheureusement, ce sont les petits pays comme Madagascar qui en font les frais. « On n’a vraiment pas le choix que de subir cette flambée du fret qui impacte négativement sur nos activités », déclare un importateur de produits de première nécessité. Il craint de ce fait une flambée des denrées de consommation courante si cette tendance à la hausse du fret maritime ne se renverse pas d’ici la fin de l’année.

Rythme normal

Cependant, malgré cette crise, le flux de conteneurs au niveau du port de Toamasina retrouve petit à petit son rythme normal d’avant la pandémie. « Au mois d’août, on a enregistré entre 19.000 et 20.000 conteneurs » explique Christian Eddy Avelin, Directeur général du Port à gestion autonome de Toamasina (SPAT). Cette tendance pourrait se maintenir et on pourrait même assister à une augmentation du flux de conteneurs d’ici à la fin de l’année. La puissance économique asiatique qu’est la Chine est en train de saisir cette opportunité et est actuellement en train de produire massivement des conteneurs pour les vendre au monde entier.

R.Edmond.