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11-01-2022 par L'Express de Madagascar

Durant une descente à Andekaleka, hier, le président de la République a fait un état des lieux de la situation. Après l’incendie du 2 janvier, il faudra six à huit mois pour que la centrale hydroélectrique tourne à plein régime.



De la patience. C’est ce que Andry Rajoelina, président de la République, demande aux usagers de la société d’eau et électricité Jirama, concernant les problèmes d’approvisionnement en énergie. Selon ses dires, en effet, il faudra six à huit mois pour remettre pleinement en marche la centrale hydroélectrique d’Andekaleka.

La centrale d’Andekaleka fournit 40% à 50% de l'électricité du Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA), ainsi que les villes d’Antsirabe et de Moramanga. Après l’incendie explosif du transformateur du groupe numéro un du site, toutefois, la centrale est totalement à l’arrêt. Depuis, les trois groupes d’une puissance de deux fois 29 mégawatts et 34 mégawatts sont hors service. Ce qui fait un gap de 92 mégawatts pour les zones précitées. «C’est la raison du délestage que subit les usagers du réseau interconnecté d’Antananarivo et des autres villes que j’ai citées», affirme le chef de l’État.

L’arrêt de la centrale d’Andekaleka en fait voir des vertes et des pas mûres aux usagers. La grogne monte, au point d’amener le locataire d’Iavoloha à se rendre sur place afin de faire un constat de la situation par lui-même. À l’issue d’une réunion avec le staff du ministère de l’Energie et de l’hydrocarbure, et celui de la Jirama, des échéances pour la remise en marche d’Andekaleka ont été données. «Je demande à la population d’être patiente, il nous faudra six à huit mois pour remettre totalement en marche la centrale. D’ici là, toutefois, nous travaillons 24 heures sur 24, afin de permettre une remise en marche progressive et d’atténuer le délestage», indique le Président.

Optimiste et mettant un coup de pression à la Jirama par la même occasion, Andry Rajoelina ajoute, cependant, que la situation devrait revenir dans l’ordre «d’ici le mois de juillet», soit moins de huit mois. La remise en marche progressive des groupes de la centrale d’Andekaleka démarre ainsi dans un mois «tout au plus». Cela concerne le groupe numéro 2 d’une puissance de 29 mégawatts, qui peut aller jusqu’à 30 mégawatts à entendre les dires des responsables de la Jirama, hier.

Il faudra compter environ un mois et demi de plus pour la remise en marche du groupe numéro 3. Installé en 2012, il peut produire jusqu’à 34 mégawatts d’électricité. Jusqu’ici, trois groupes ont été installés pour être opérationnels à Andekaleka. Seulement, l'explosion du transformateurs du groupe numéro un a gravement endommagé les câbles de puissance des deux autres groupes. Si ces deux derniers points de production d’électricité peuvent être remis en marche, le premier est totalement hors d’usage et nécessite d’être remplacé.

«Heureusement, nous avions déjà prévu d’installer un quatrième groupe à Andekaleka. Et heureusement que le matériel est arrivé à temps pour pallier cet incendie», soutient le président Rajoelina. Le groupe numéro 4 qui sera nouvellement installé ne sera opérationnel, toutefois, qu’après les six à huit mois annoncés précédemment. Il produira jusqu’à 34 mégawatts d’électricité. Avec le renfort du groupe numéro 4 Andekaleka, on pourra produire près de 100 mégawatts. Ce qui est déjà un apport conséquent lorsque le besoin du RIA est de 200 mégawatts.

Conjuguées avec les productions des autres centrales qui approvisionnent Antananarivo, le redémarrage des groupes numéro 2 et 3, ainsi que l’opérationnalisation du groupe numéro 4 «allégeront et résoudront les problèmes du délestage dans le RIA, Antsirabe et Moramanga», affirme le président de la République. À l’heure actuelle, par ailleurs, Rivo Radanielina, directeur général par intérim de la Jirama, indique que les techniciens s’affairent à assécher l’eau qui inonde les deux niveaux souterrains de la centrale proprement dite d’Andekaleka. Une inondation des turbines qu’a pu voir de ses yeux le chef de l’État.

Le président Rajoelina est descendu dans les entrailles d’Andekaleka. Des profondeurs allant jusqu’à 500 mètres, percées dans le granite qui abrite les tribunes, cœur de la centrale hydroélectrique. L’arrêt de la production d’électricité y a entraîné une panne du système empêchant l'inondation des niveaux souterrains abritant les turbines. «Il faudra trois jours pour drainer l’eau. Nous prévoyons ensuite deux semaines pour procéder aux vérifications du matériel afin d’éviter un court-circuit s’il y a des pièces ou des systèmes endommagés et prévenir des risques d’accident», explique Rivo Radanielina.

Des bonbonnes de gaz sont disposées aux différents niveaux de l’antre abritant les turbines. Des bonbonnes qui sont sous les eaux depuis plusieurs jours. Depuis le 2 janvier, soixante agents stationnés en permanence à Andekaleka, plus une cinquantaine en renfort venant d’Antananarivo, s’affairent pour remettre en marche la centrale. À s’en tenir aux mots du chef de l’État, ils ont tout au plus huit mois pour réussir leur mission.