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Médecine & Santé

Le Covid, possible invité indésirable d'un quatrième Noël

14/12/2023 16:11 © Afp

A l'approche de Noël, l'épidémie de Covid-19 est sur une pente ascendante en France, où progresse une nouvelle version très transmissible du virus, relançant les appels à la vigilance, sans alarmisme, avant les réunions de famille.

Près de quatre ans après le début de la pandémie, "on n'a pas autant d'indicateurs qu'à d'autres périodes mais des faisceaux d'indications convergent: la circulation du virus est très intense", a déclaré à l'AFP Étienne Simon-Lorière, responsable du Centre national de référence (CNR) des virus des infections respiratoires à l'Institut Pasteur.

En médecine de ville comme à l'hôpital, "la hausse se poursuit" pour le Covid, notamment pour les seniors, a confirmé mercredi le dernier bulletin hebdomadaire de Santé publique France (SPF).

Rien qu'aux urgences, près de 5.430 passages pour suspicion de Covid ont été recensés, et plus de 2.220 hospitalisations ont suivi.

Si, depuis mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne considère plus la pandémie comme une urgence sanitaire mondiale, elle a réaffirmé en novembre que le Covid-19 reste "une menace".

"Avec le Covid, on est dans une phase intermédiaire, pas encore endémique comme la grippe saisonnière", a exposé à l'AFP l'infectiologue Xavier Lescure, membre du Covars (comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires).

"Depuis le début de la pandémie, les vagues se produisent environ tous les quatre mois, essentiellement sous l'effet d'une baisse d'immunité populationnelle", à laquelle s'ajoute "la recrudescence hivernale prévisible, avec la baisse des températures extérieures et plus de temps passé en intérieur, où les transmissions virales sont facilitées", a-t-il noté.

Immunité

Possibles carburants d'un rebond, plusieurs variants du virus (XBB.1.5, XXB.1.16, EG.5, BA.2.86) sont sous surveillance renforcée dans le monde. Un sous-lignage de BA.2.86, appelé JN.1, est spécialement scruté.

"Apparu brusquement et beaucoup plus transmissible que ses prédécesseurs, JN.1 a un échappement immunitaire quasiment aussi important que ses cousins de la famille XBB (...) mais dû à une combinaison de mutations génétiques complètement différente", a précisé Étienne Simon-Lorière.

Dans l'Hexagone, la progression de JN.1 suit une "dynamique similaire partout, avec une petite avance l'Ile-de-France", selon SPF.

"Si on a été infecté par le virus il y a moins de six mois ou, mieux, vacciné il y a moins de six mois, les chances de se retrouver à l'hôpital à cause de JN.1 sont très réduites, malgré toutes ses nouvelles mutations. Grâce au boost d'anticorps mais aussi aux réponses cellulaires de l'organisme (peu affectées par l’évolution du virus), il va être éliminé avant de provoquer une forme sévère de la maladie dans la grande majorité des cas, mais peut a priori être transmis", selon Étienne Simon-Lorière.

Au fil des vagues, la répercussion du Covid sur les hospitalisations et les décès a doctement diminué, grâce à l'immunité acquise par la vaccination et/ou les infections.

Mais elle n'est pas nulle, et le spectre d'un syndrome post-Covid (ou Covid long) demeure.

Vacciné "autour du sapin"

La recrudescence du Covid, combiné à d’autres infections respiratoires aiguës, risque aussi d'alourdir le fardeau des hôpitaux, confrontés l'an passé à une "triple épidémie". L'épidémie de grippe actuelle a gagné la métropole, tandis que celle de bronchiolite semble fléchir, selon SpF.

Pour "passer de bonnes fêtes" et pour que "les hôpitaux ne soient pas débordés cet hiver", le ministre de la Santé a appelé mercredi depuis une pharmacie parisienne à "un rebond de la vaccination" contre le Covid et contre la grippe.

Évoquant "ceux qui vont retrouver leurs parents, leurs grands-parents à Noël", Aurélien Rousseau a jugé qu'"on serait tous plus rassurés si tout ce petit monde autour du sapin était vacciné".

"On invite vraiment à la prudence" avant les fêtes, propices aux brassages et à l'exposition de personnes vulnérables, a renchéri Isabelle Parent, épidémiologiste, lors d'une conférence de presse de SPF.

A peine plus d'un quart des Français de 65 ans et plus a reçu une dose de rappel anti-Covid, parfois en même temps qu'une injection anti-grippe. Si le masque reste recommandé en cas de symptômes, dans les lieux fréquentés et en présence de personnes fragiles, il "n'est pas encore ancré dans nos habitudes", a regretté Caroline Semaille, directrice générale de SPF.

Dans certains hôpitaux, comme à Chambéry et Aix-les-Bains, il est redevenu obligatoire.

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