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Culture

« Dudu Muduri » : une œuvre monumentale qui mêle écologie et traditions africaines, exposée à la Fondation H

04/05/2026 15:19 © Moov.Mg

L’œuvre monumentale « Dudu Muduri » du plasticien zimbabwéen Moffat Takadiwa, exposée à la Fondation H à Ambatomena Analakely, capte immédiatement l’attention des visiteurs de l’exposition « Kabarin-javakanto ». Réalisée à partir de déchets plastiques et technologiques récupérés, cette création interroge à la fois la surconsommation, le recyclage et la transmission des savoirs traditionnels africains.

Une réflexion sur la gestion des déchets

Impossible de rester indifférent devant « Dudu Muduri ». Installée au sein de l’exposition « Kabarin-javakanto » à la Fondation H, cette œuvre géante, représentant un mortier et son pilon, domine l’espace par sa présence imposante. Dès les premiers regards, la sculpture intrigue autant qu’elle impressionne. En s’approchant, les visiteurs découvrent peu à peu la nature des matériaux utilisés par l’artiste. Le mortier est composé de touches de clavier d’ordinateur et de calculatrice, de tubes de dentifrice usés, de têtes de brosses à dents, de boucles métalliques et même de billets de banque démonétisés. Des objets abandonnés et sans valeur apparente qui trouvent ici une nouvelle existence artistique.

À travers cette démarche, Moffat Takadiwa montre que les déchets du quotidien peuvent devenir des matières de création. L’œuvre ouvre également une réflexion sur la gestion des déchets plastiques et électroniques, un défi de plus en plus visible dans plusieurs pays africains, dont Madagascar.

Un hommage aux traditions africaines

Au-delà de son aspect spectaculaire, « Dudu Muduri » porte un message culturel profond. Le titre de l’œuvre fait référence au son produit par le mortier lorsqu’on pile le maïs dans les villages africains. Cette mélodie est reprise par les enfants dans des chansons destinées à leur apprendre les noms des membres de leur famille. Moffat Takadiwa rappelle ainsi qu’avant l’omniprésence des écrans et des technologies modernes, l’apprentissage passait largement par les jeux, les chants et les gestes du quotidien. Dans de nombreuses communautés africaines, ces pratiques continuent encore aujourd’hui à transmettre des valeurs, des comportements et des connaissances essentielles à la vie collective.

L’artiste met donc en avant la richesse des systèmes de transmission traditionnels africains. À travers son œuvre, il défend une mémoire culturelle qui résiste aux modèles de consommation et aux influences occidentales dominantes.

Exposition « Kabarin-javakanto »

Né en 1983 à Hurungwe, au Zimbabwe, Moffat Takadiwa vit et travaille à Mbare, un quartier populaire d’Harare. Son travail artistique s’inscrit dans une démarche engagée mêlant création contemporaine et action sociale. L’artiste collabore avec des jeunes et des artisans de son quartier pour collecter et transformer des déchets récupérés dans les décharges. Les matériaux qu’il utilise symbolisent les effets de la société de consommation et les inégalités économiques qui touchent de nombreux pays africains. À travers ses créations, Moffat Takadiwa défend également une vision écologique inspirée des pratiques africaines traditionnelles, où les objets étaient souvent réutilisés plutôt que jetés.

Présentée depuis le 24 avril 2026, l’exposition « Kabarin-javakanto » propose une lecture de la collection de la Fondation H sous le commissariat d’Abdellah Karroum. Plus de cinquante œuvres de quarante-et-un artistes y sont réunies. L’exposition crée des passerelles entre Madagascar, le continent africain et le reste du monde, à travers des œuvres qui interrogent les réalités sociales, politiques et culturelles contemporaines. Avec « Dudu Muduri », la Fondation H met en lumière une création où l’art devient à la fois mémoire, critique sociale et plaidoyer écologique.

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