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Nationale

Lutte antiacridienne à Madagascar : régression des infestations, mais des foyers persistants sous surveillance

09/06/2026 15:07 © Moov.Mg

La campagne antiacridienne 2025-2026 enregistre des résultats encourageants à Madagascar. Les dernières évaluations font état d'une baisse significative des infestations de criquets sur l'ensemble du territoire. Toutefois, des foyers résiduels subsistent dans certaines localités du Sud et de l'Ihorombe, obligeant les autorités à maintenir des interventions ciblées pour préserver les cultures et la sécurité alimentaire.

Des conditions climatiques peu propices

Les efforts engagés dans le cadre de la campagne de lutte antiacridienne 2025-2026 commencent à porter leurs fruits. Selon le dernier bilan établi à la fin du mois de mai 2026 par le Centre de Lutte Antiacridienne de Madagascar, la situation générale est marquée par une régression globale des infestations de criquets à Madagascar. Cette évolution favorable s'explique notamment par des conditions climatiques peu propices au développement des insectes. L'absence totale de précipitations dans la zone grégarigène, principale aire de reproduction des criquets, a fortement limité leur prolifération et réduit les risques d'apparition de nouvelles invasions de grande ampleur.

Cette tendance rassurante représente une bonne nouvelle pour les agriculteurs malgaches, particulièrement ceux des régions régulièrement confrontées aux dégâts causés par ces ravageurs sur les cultures vivrières.

Des foyers de résistance toujours présents

Malgré cette amélioration générale, les autorités appellent à ne pas relâcher la vigilance. Des infestations localisées persistent dans plusieurs districts du Sud et du centre-sud du pays. Au total, 11 225 hectares infestés ont été recensés dans sept districts. La région de l'Ihorombe figure parmi les plus touchées. Le district d'Ihosy concentre à lui seul 4 415 hectares infestés. Il est suivi par Betroka avec 2 500 hectares et Bekily avec 2 080 hectares.

Les spécialistes observent également la présence de différentes espèces de criquets selon les zones concernées. Le criquet migrateur (Locusta migratoria capito) est signalé sous forme de vols clairs et de regroupements d'individus adultes, avec des densités pouvant atteindre localement entre 2 000 et 10 000 individus par hectare. Par ailleurs, le criquet nomade (Nomadacris septemfasciata) demeure actif dans ses zones habituelles de reproduction, notamment à Bekily et Ampanihy. Les populations observées sont principalement composées de larves et de jeunes ailés.

Une stratégie d'intervention ciblée

Face à ces poches résiduelles, le dispositif national de lutte poursuit des opérations ciblées afin d'éviter toute recrudescence des infestations. Coordonnées depuis Toliara, ces actions bénéficient du soutien de plusieurs partenaires internationaux, dont la Banque mondiale, le Programme de résilience des systèmes alimentaires (FSRP) et le projet MIONJO. Au cours de la dernière décade, les équipes terrestres ont traité 465 hectares infestés en utilisant 465 litres de Deltaméthrine. En parallèle, les moyens aériens ont été mobilisés pour renforcer la surveillance et les traitements. Deux hélicoptères ont ainsi effectué plus de 66 heures de vol pour des missions de reconnaissance et d'épandage.

Les experts restent optimistes quant à l'évolution de la situation dans les prochaines semaines. Les conditions environnementales actuelles étant défavorables à la reproduction des criquets, l'apparition de nouvelles vagues massives semble peu probable. Les efforts seront désormais concentrés sur la surveillance continue et les traitements d'appoint destinés à éliminer les derniers foyers actifs.

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