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Andranokaolo - Tsiribihina : De rizières salinisées à une mangrove restaurée par la communauté

05/02/2026 10:22 © Moov

À Andranokaolo, dans le district de Tsiribihina, des communautés locales ont réussi à transformer des terres dégradées et salinisées en une mangrove vivante et productive. Portée par des règles communautaires strictes et un engagement collectif de longue haleine, cette restauration est aujourd’hui un exemple de résilience écologique et sociale.

Des règles communautaires pour protéger la mangrove

La mangrove y est protégée par des règles claires, définies et appliquées par la communauté de base Soafitsanga, qui signifie « bien enraciné ». Ici, la coupe de mangrove est strictement interdite. Les ressources halieutiques sont accessibles à tous, mais dans le respect de quotas précis afin de permettre le renouvellement des stocks et d’éviter la surpêche. Ces pratiques traditionnelles, transmises de génération en génération, assurent une gestion durable de cette forêt bleue, devenue une fierté locale.

D’un échec agricole à une restauration écologique

Autrefois, le site d’Andranokaolo avait été fortement dégradé et transformé en rizières. Réputée pour sa production de riz, la zone a peu à peu subi l’intrusion de l’eau salée, conséquence de la dégradation des sols et de la disparition de la mangrove. Entre 1982 et 2006, les récoltes ont chuté, rendant la vie de plus en plus difficile pour les villageois, poussant plusieurs familles à quitter la zone.
Face à cette situation, une initiative communautaire voit le jour en 2006 avec l’appui du WWF : restaurer la mangrove. Les premiers plants de palétuviers sont mis en terre en 2008. Année après année, la restauration s’intensifie, et en 2016–2017, l’ouverture d’un chenal améliore la circulation de l’eau, renforçant la dynamique naturelle.

Une mangrove restaurée, une communauté transformée

Près de vingt ans plus tard, les mangroves d’Andranokaolo sont redevenues un véritable écosystème, abritant poissons, crevettes, oiseaux et même le Pygargue de Madagascar. Cette renaissance écologique a profondément amélioré la vie des communautés locales. La pêche se pratique désormais sur place et constitue une source de revenus essentielle, garantissant sécurité alimentaire et économique.
Pour Saïd Jacquit, président de Soafitsanga, la mangrove est aujourd’hui synonyme d’avenir. « La restauration a complètement transformé notre vie », confie-t-il, rappelant que cet engagement collectif a aussi permis le développement d’activités comme l’apiculture et l’élevage, renforçant durablement les moyens de subsistance des communautés.

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