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Pluies en fort recul, jusqu’à –80 % : des récoltes compromises dans le Sud de Madagascar

04/02/2026 09:46 © Moov.Mg

Dans plusieurs zones du Sud et du Sud-Est de Madagascar, la saison agricole se déroule sous de mauvais auspices, avec des déficits pluviométriques. Selon une analyse publiée le 3 février 2026 par FEWS NET, cette situation réduit la disponibilité alimentaire saisonnière et fragilise davantage les revenus des ménages agricoles déjà éprouvés par la soudure.

Des pluies largement en dessous des normes

À Toliara, Ihosy et Fort-Dauphin, les cumuls de pluie enregistrés depuis le début de la saison agricole sont nettement insuffisants. FEWS NET fait état de déficits allant de 25 à 80 % par rapport à la moyenne observée sur quatre décennies. Cette insuffisance, aggravée par une répartition irrégulière des précipitations, perturbe le développement des cultures et entraîne de fortes disparités entre parcelles. Les récoltes attendues entre février et mai s’annoncent ainsi très variables, mais globalement inférieures à la normale dans les zones touchées. Pour les ménages dépendants de l’agriculture pluviale, cette baisse de production signifie moins de nourriture disponible et une réduction des opportunités de travail agricole saisonnier, essentielles pour générer des revenus.

Ce choc climatique intervient alors que la période de soudure atteint son point culminant. La situation de crise alimentaire s’étend au Grand Sud et à certaines parties du Grand Sud-Est. La hausse saisonnière des prix accentue la pression. Le manioc séché, pilier de l’alimentation dans le Sud, se fait plus rare et plus cher, tandis que les prix du maïs et du riz local demeurent supérieurs à leurs moyennes des cinq dernières années. Cette combinaison réduit l’accès à l’alimentation au moment même où les besoins sont les plus importants.

Modification des habitudes alimentaires

Face à la flambée des prix, de nombreux ménages pauvres modifient leurs habitudes alimentaires. Le riz local est de plus en plus remplacé par du riz importé, moins coûteux, afin de couvrir les besoins minimaux. L’alimentation repose toujours largement sur le manioc séché, complété par des plantes sauvages, signe d’une vulnérabilité persistante. Dans le même temps, les perspectives agricoles se dégradent. L’accès limité aux boutures de manioc et de patate douce, ainsi que le coût élevé des intrants, restreignent les surfaces cultivées. FEWS NET avertit que ces contraintes pourraient affecter négativement les récoltes prévues entre mai et septembre, prolongeant ainsi la période de redressement des moyens de subsistance.

L’assistance alimentaire permet de contenir partiellement la détérioration de la situation, mais elle reste insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins. Le Programme alimentaire mondial poursuit ses distributions dans les régions d’Anosy, Androy, Atsimo Andrefana et Atsimo Atsinanana. Toutefois, seules 85 % des communes ciblées ont été atteintes, et la taille des rations a été réduite en raison de ruptures dans les circuits d’acheminement. Cette couverture incomplète limite l’impact de l’aide, alors même que les ménages pauvres disposent de peu d’alternatives pour compenser la baisse de leurs revenus et de leur production agricole.

Une amélioration attendue, mais limitée

Selon les projections de FEWS NET, la situation de crise devrait persister jusqu’en février, avant une amélioration progressive vers une phase de stress alimentaire après les récoltes de mars-avril, grâce à la disponibilité saisonnière du maïs et des haricots. Toutefois, dans plusieurs zones du Grand Sud, les rendements et les superficies cultivées inférieurs à la moyenne devraient freiner cette amélioration. Dans les zones de subsistance du Sud-Est et du Sud-Ouest, où la production de riz et de haricots de Lima est meilleure, la situation devrait rester en phase de stress tout au long de la période analysée. Malgré cette amélioration relative, de nombreux ménages continueront à éprouver des difficultés à couvrir leurs besoins essentiels non alimentaires.

Par ailleurs, les inondations liées aux fortes pluies et à la saison cyclonique ont provoqué des perturbations localisées, notamment à Antananarivo, Amboasary et Moramanga. Si les dégâts agricoles restent limités et n’affectent pas la situation alimentaire à l’échelle régionale, la probabilité de nouvelles inondations jusqu’en mars fait peser des risques supplémentaires sur les ménages pauvres des zones urbaines basses et des régions rizicoles de l’Est.

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