Sécurité à l’aéroport d’Ivato : Ravinala Airports précise les limites de ses responsabilités contractuelles
À la suite du constat de défaillances sécuritaires effectué par le ministère des Transports sur le site de l’aéroport international d’Ivato, le gestionnaire Ravinala Airports a réagi par voie de communiqué. L’entreprise concessionnaire souligne que, si elle reste disposée à collaborer, la lutte contre les trafics et la sûreté aéroportuaire relèvent juridiquement des prérogatives de l’État malagasy.
Lutte contre les activités frauduleuses et la corruption
Le dimanche 3 mai 2026, une délégation interministérielle conduite par le ministre des Transports et de la Météorologie, Herizo Andrianavalona Ramanambola, s’est rendue à l’aéroport d’Ivato. Cette descente sur le terrain visait à identifier les causes de la persistance des trafics illicites de ressources nationales. Le rapport ministériel a mis en exergue plusieurs anomalies critiques, notamment l’obsolescence d’un scanner de détection de type EDS3 et une couverture insuffisante par les caméras de surveillance. Le ministre a également ordonné la fermeture immédiate de plusieurs accès communicants, jugés propices aux activités frauduleuses et à la corruption.
En réponse à ces observations, Ravinala Airports a publié une note d’information pour apporter des précisions sur le dispositif existant. Le concessionnaire indique que l’infrastructure dispose actuellement de 108 caméras de surveillance fonctionnelles, toutes reliées à un Centre de contrôle opérationnel (AOCC) actif en continu. La société précise par ailleurs que les autorités de sûreté disposent d’un accès direct et en temps réel à ces flux vidéo. Par cette déclaration, le gestionnaire entend démontrer que l'infrastructure de base est opérationnelle et que les outils de surveillance sont à la disposition des services de l'État pour l'accomplissement de leurs missions.
Renforcement de la sécurité aéroportuaire
L’élément central de la réponse de Ravinala Airports réside dans la clarification de ses obligations légales. Le communiqué rappelle que, conformément à la convention de concession signée avec l’État malagasy, les questions liées à la sûreté et à la sécurité économique ne font pas partie des attributions de la société privée. Le texte cite précisément le contrat de concession qui stipule que ces activités sont considérées comme « réservées » à la puissance publique. En d'autres termes, si Ravinala Airports assure la gestion commerciale et technique de l’aérogare, la police des frontières, la douane et la surveillance des flux financiers restent des missions régaliennes exercées par l’Autorité Concédante.
Malgré cette délimitation stricte des responsabilités juridiques, Ravinala Airports a tenu à afficher une posture d'ouverture. L’entreprise se dit prête à accompagner les nouvelles initiatives du ministère pour renforcer la sécurité et améliorer l’image internationale de la principale porte d’entrée aérienne de Madagascar.




