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02-08-2021 par L'Express de Madagascar

La procureure générale de la Cour d’appel d’Antananarivo s’est adressée à la presse, hier. Elle a fait le point sur l’évolution de l’enquête sur la tentative d’assassinat du président Andry Rajoelina


Copyright Image : L'Express de Madagascar


L'enquête évolue à gran­de vitesse. C’est la raison du point de presse qu’elle a tenu, hier, à son bureau, à Anosy, indique Berthine Razafia­rivony, procureure générale de la Cour d’appel d’Antana­narivo. Il a été question de faire le point sur l'évolution de l'enquête sur la tentative d’assassinat de Andry Rajoe­lina, président de la République. « Actuellement, les preuves matérielles entre les mains des enquêteurs sont tangibles et ont permis d’identifier les principaux instigateurs de l'opé­ration », a déclaré la magistrate Razafiarivony.

Mettant en avant les principes du respect du secret de l’enquête et du respect de la présomption d’innocence, la procureure n’a pas donné de précision sur l’iden­tité des principaux instigateurs présumés de la tentative d’assassinat du chef de l’État. Démarrant son intervention médiatique par un rappel des faits, Berthine Razafiarivony a donné quelques précisions et quelques détails sur l'enquête en cours.

Ce dossier a défrayé les chroniques après l’arrestation de six individus soupçonnés d’intenter à la vie du locataire d’Iavoloha, le 20 juillet. C’est la procureure générale Razafiarivony, elle même, qui l’a annoncé durant un point de presse, en soirée. Un peu plus d’une semai­ne après les premières arrestations, celle chargée de la supervision de l'enquête est revenue en frontline, conviant la presse un dimanche, en fin d'après-midi.

La magistrate rappelle que l'enquête en cours porte sur une atteinte à la sûreté de l’État et de tentative de neutralisation de personnalités étatiques. Elle rappelle, également, qu’un ressortissant français et un francomalgache sont dans la liste des personnes mises en cause. Une somme d’argent, un fusil, deux véhicules tout terrain, mais surtout, du matériel informatique et des téléphones ont, notamment, été saisis durant les perquisitions.

«L’examen du contenu des appareils informatiques de ces deux hommes, a permis la découverte de plusieurs correspondances numériques, ainsi que des documents corroborant les intentions des prévenus », indique la procureure Razafia­rivony dans la version française de sa déclaration. Ici, elle fait référence au ressortissant français et au francomalgache arrêtés le 20 juillet, qu’elle a précisé dans son rappel des faits.

Parmi ces documents, la procureure générale met l’accent sur un en particulier. Il porte le titre budget du projet Apollo 21. Ce document formule un plan stratégique, politique et opérationnel, chiffré pour neutraliser et éliminer cinq hautes personnalités politiques malgaches, dont le président de la République. Sur sa lancée, la magistrate ajoute que le plan prévoit, aussi, de renverser le gouvernement actuel afin de prendre le pouvoir. Un coup d’État est donc la finalité des attentats planifiés contre ces personnalités étatiques. Un objectif affirmé dans un mail attribué à l’un des prévenus de nationalité franco-malgache qui a fuité, la semaine dernière. La procureure générale a, justement, parlé de la découverte d’un courriel adressé à une compagnie pétrolière pour une demande de financement et de coopération, pour l'exécution du projet Apollo 21.

L’existence de ce mail a déjà été reconnue par la société Madagascar Oil, durant un point de presse, le 26 août. Un courriel a été adressé au président directeur général du groupe Benchmark qui détient la majorité de la compagnie d’exploration et d’exploitation d’huile lourde. « Plusieurs correspondances par messagerie instantanée avec de nombreuses personnes de la scène institutionnelle et publique malgache ont aussi été saisies. Toutes les informations recueillies par le biais de l’exploitation des réquisitions téléphoniques et d’autres sources de renseignement ont permis d'identifier de nombreuses personnes impliquées », a par ailleurs expliqué Berthine Razafiarivony.

 Vingt-et-une personnes sont happées par cette affaire, jusqu’ici. Douze d’entre elles sont issues des Forces armées, à savoir cinq généraux, deux capitaines et cinq sous-officiers. Cinq civils sont, également, sur la liste des personnes mises en cause. S’y ajoutent quatre militaires et gendarmes retraités de nationalité malgache et étrangère. Deux officiers généraux retraités ont été auditionnés au début de l'enquête. Le Français et le Francomalgache arrêtés le 20 juillet, sont des anciens de l'armée et la gendarmerie française.

Au stade actuel du dossier, quatorze des vingt-et-un mis en cause sont en garde-à-vue. S’agissant d’une atteinte à la sûreté de l’État, la garde-à-vue peut durer quinze jours et être prolongée pour la même période. Hier, la boss de la Cour d’appel d’Antana­narivo a souligné que l'enquête est toujours en cours. Des indiscrétions chuchotent, d’autant plus, que le cerveau, de cette affaire, serait une toute autre personne que celles dont les noms ont été cités ces derniers jours ayant occupé une haute fonction pendant la seconde République.