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20-11-2020 par L'Express de Madagascar

Au regard du HCDDED, la corruption paralyse la justice. Les effets impactent plusieurs secteurs.


Copyright Image : L'Express de Madagascar

 

«La Justice est handicapée. Elle est entourée d'une structure défaillante et fait face à beaucoup de difficultés devant la puissance du pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ». La brève description sur le fonctionnement du pouvoir judiciaire est établie par le Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l'État de droit (HCDDED) dans le magazine baptisé « Demokrasia » huitième édition publiée hier à son siège de Soanierana.

Les élus, les hauts employés de l'État, l'administration publique, les paysans, les leaders spirituels, les enseignants et beaucoup d'autres encore sont verrouillés sous l'emprise de la corruption. «Ce fléau s'étend dans tous les domaines et il demeure un facteur de blocage de développement», note le président du HCDDED, Pierre Lenoble Navony. Madagascar a fait des efforts dans le renforcement de la lutte contre la corruption. La mise en place des organes spécifiques, dont le Système anti-corruption, vise l'éradication de toute forme de mauvaise pratique. « Certes, mais la structure a besoin des moyens suffisants pour avoir de bons résultats », poursuit Pierre Lenoble Navony.

Cette fois, l'institution œuvrant dans la promotion de la démocratie pointe du doigt les mauvaises pratiques observées au sein de la Justice. Le mode opératoire de la commission de la corruption au sein du système juridictionnel est mis à nu. Les défaillances au cours de la procédure sont soulevées comme des points majeurs qui favorisent l'acte. Il s'agit entre autres du contact direct du personnel de la Justice avec les justiciables, le non enrôlement de requête, le classement sans suite de plaintes ou non lieu non justifié ou non notifié sont qualifiés comme des modes courants de la manifestation de la corruption, selon le HCDDED.

Le pouvoir judiciaire constitue bien souvent la cible de critiques virulentes face à la perception élevée de cas de corruption. Pour le HCDDED, le redressement de cette image dépend de l'instauration de la bonne gouvernance et l'État de droit. « Personne ne devrait se prétendre au-dessus de la loi », ajoute Pierre Lenoble Navony.