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12-08-2021 par Midi Madagasikara

Expiration hier du sursis ou du délai de trois jours accordé aux ministres par le président de la République qui a déjà entamé les consultations en vue de la formation de la nouvelle équipe gouvernementale.


Copyright Image : © Midi Madagasikara

 

Parallélisme des formes. L’autorité de nomination a aussi le pouvoir d’abrogation. Au nom du principe du parallélisme des formes et en application de l’article 54 in fine de la Constitution qui dispose que « Sur proposition du Premier ministre, il (le président de la République) nomme les membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions », les deux chefs de l’Exécutif ont pris conjointement « la décision de mettre fin au mandat de tous les ministres à compter du mercredi 11 août 2021. Ils sont chargés de l’expédition des affaires courantes jusqu’à la nomination des nouveaux membres du gouvernement ». Certains d’entre eux se sont retrouvés hier soir pour continuer le Conseil des ministres en dehors du Palais d’Iavoloha.

Alarobia tsy miverina. Les ministres non reconduits ne feront pas démentir ce dicton qui signifie littéralement « mercredi sans retour ». En effet, comme l’a fait savoir le locataire d’Iavoloha dans son intervention radiotélévisée du 08 août dernier, « les ministres qui n’arrivent pas à suivre le rythme ni à concrétiser les « velirano » présidentiels vont devoir céder leur place ». Le numéro Un de l’Exécutif de prendre l’exemple d’une équipe sportive pour faire remarquer que les joueurs qui ne donnent pas satisfaction, sont logiquement remplacés. Les consultations se sont poursuivies jusqu’à hier pour un gouvernement dont la composition sera connue au retour du président Andry Rajoelina. Le TGV est effectivement attendu aujourd’hui en gare de Brickaville pour constater de visu l’état de la RN2.

 

Notes éliminatoires. Lors de l’évaluation, certains ministres n’ont pas obtenu la moyenne avec parfois des notes éliminatoires qui leur enlèvent toute chance de…redoubler. Pour ne citer que ce ministre qui n’a même pas réussi à réaliser le tiers du projet, à lui confié par le président de la République dans le Sud. Idem pour un(e) autre membre du gouvernement qui est loin d’avoir répondu aux attentes de la population alors qu’il ou elle a été justement choisi(e) pour sa supposée connaissance des réalités de la région dont il ou elle est originaire. Un ministre accusé d’accaparement de terres appartenant entre autres à l’EKAR risque pour sa part d’être « excommunié » à cause de son agissement pas très ….catholique. Il y a enfin des ministres qui sont forts du point de vue théorique mais qui ont de la peine à la mettre en pratique ou d’une manière pragmatique. La plupart d’entre eux seront recasés à des postes techniques (DG, Coordonnateur général…). Retour à ses premières amours également pour un ministre souvent absent aux Conseils du gouvernement et des ministres.

 

Figures emblématiques. Dans sa récente intervention dominicale, le président Andry Rajoelina a révélé que les autres dirigeants ciblés dans « le plan d’élimination et de neutralisation » sont des « figures emblématiques » du gouvernement. À son corps défendant de les citer quand bien même leurs noms circuleraient dans les coulisses. Il s’agit des trois « Richard », à savoir le général Léon Richard Rakotonirina (Défense nationale) ; Richard Randriamandrato (Economie et Finances) ; et Richard Ravalomanana (Secrétariat d’Etat à la Gendarmerie). Le ministre de la Sécurité Publique, le Contrôleur général de Police Fanomezantsoa Randrianarison et la ministre de la Communication et de la Culture et non moins porte-parole du gouvernement, Lalatiana Andriantongarivo Rakotondrazafy figurent également dans la « blacklist » de l’opération « Apollo 21 ».

 

Bombe. Reste à attendre s’ils seront tous …sauvés par le président de la République et le Premier ministre dans la nouvelle équipe gouvernementale. En tout cas, l’annonce des nouveaux membres du gouvernement pourrait faire l’effet d’une « bombe » puisque le général connu sous ce surnom, pourrait être affecté à un autre poste du genre Directeur de la Sécurité Intérieure (DSI). Bon nombre d’observateurs pensent, à tort ou à raison, que la décoration du SEG par le président de la République ce jour au Centre de Formation Spécialisée de la Gendarmerie à Ivato, serait une sorte d’adieu aux armes.

 

R.O