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17-05-2021 par L'Express de Madagascar

La Grande île veut jouer un rôle plus central dans la COI. Elle réclame le siège de l’organisation, ainsi que l’accueil du prochain sommet de ses Chefs d’Etat.


Copyright Image : L'Express de Madagascar


Jouer en pointe. Étant la plus grande île de la région, Madagascar veut faire valoir son poids au sein de l a Commission de l'océan Indien (COI). Une ambition qu’elle veut affirmer sur la forme, mais qu’il faudra aussi concrétiser sur le fond.

Cette ambition d'être la locomotive de la COI a été glissée, dans un langage diplomatique, par Andry Rajoelina, président de la République, vendredi dernier. Ceci, durant une visite de courtoisie de Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat français auprès du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du tourisme, des Français de l’etranger et de la Francophonie, au palais d’État d’Iavoloha. Par le biais de l'île de la Réunion, la France assure, actuellement, la présidence de la COI.

Selon les informations, le locataire d’Iavoloha a profité de sa rencontre avec le membre du gouvernement français pour “proposer la mise en place du bureau de la COI à Madagascar, en tant que plus grande île de l'océan Indien”. Sur sa lancée, il a exprimé “ le souhait de Madagascar d’accueillir le prochain sommet des Chefs d’État de l'océan Indien”. Le Conseil des ministres de la COI qui démarre ce t te semaine, devrait décider du calendrier et du lieu du prochain sommet des Chefs d’Etat de l’organisation.

Créée en 1982, la COI est une organisation régionale qui compte cinq membres, à savoir, Madagascar, Les Comores, l'île Maurice, les Seychelles et la France par le biais de la Réunion. Le siège de son secrétariat général se trouve à Maurice. Madagascar a, par deux fois, brigué le poste de Secrétaire général de la COI. Il s’agit de Hery Rasolondraibe, en 1989, et de Monique Andreas Esoavelomandroso, en 2004. Comme le veut le statut de l’organisation, chacun a été nommé par le conseil des ministres de la COI, pour un mandat de quatre ans, non renouvelable.

L’une des ambitions de la politique extérieure de l’administration Rajoelina est de renforcer le rayonnement international de Madagascar. S’imposer comme une locomotive politique et diplomatique dans la région de l'océan Indien est une étape incontournable pour y parvenir. Plus grand pays de la COI et aussi pays le plus peuplé, être leader de la Commission de l'océan Indien devrait être une évidence pour Madagascar.

Son statut de pays pauvre, nourri par une instabilité politique chronique, cependant, a fait que Madagascar a été relégué au statut de suiveur au sein de la COI. Plus mature politiquement et avec une économie florissante, l'île Maurice s’est arrogée le leadership de la COI. En matière de relations internationales, outre la question militaire, les arguments économiques pèsent plus que la taille du pays et le nombre de ses habitants. Oser affirmer ses ambitions diplomatiques et agir en conséquence est un bon début, néanmoins.