Vous êtes ici

03-08-2022 par Midi Madagasikara

On est en pleine période de récolte alors que les prix des légumes ne sont plus à la portée de toutes les bourses.


Copyright Image : © Midi Madagasikara

 

Suite à une enquête menée par l’ADID (Agence de Développement Inclusif et Durable), les prix de certains légumes ont connu une hausse de plus de 100% comparés aux prix affichés lors de la campagne de production précédente, soit l’année dernière. À titre d’illustration, les tomates s’acquièrent entre 2 000 Ar et 3 000 Ar le kilo au lieu de 1 000 Ar à 1 200 Ar auparavant. Parlant de pomme de terre, le kilo se vend entre 1 800 Ar et 3 000 Ar, selon sa qualité alors qu’on pouvait s’en procurer avant entre 800 Ar et 1 000 Ar. Pour les carottes, le kilo s’achète actuellement entre 2 000 Ar et 3 000 Ar contre 700 Ar et 800 Ar l’année dernière. S’agissant du haricot vert, cela devient un produit de luxe pour les consommateurs malgaches. En effet, le prix du kilo de ce légume s’affiche actuellement aux alentours de 5 000 Ar sur le marché de la Capitale. Cependant, ce produit était vendu entre 1 000 Ar et 1 800 Ar, auparavant, soit une hausse de prix entre 150 % et 500%. Dans la foulée, le contrôle du ministère en charge du Commerce face aux spéculations fait défaut.

Parcelles de terrain vendues. Force est de reconnaître que la majorité des ménages dans la Capitale n’achètent plus des légumes au kilo mais plutôt par tas qui se vend en moyenne à 400 Ar. Mais c’est largement insuffisant pour nourrir leurs familles. Toujours d’après les résultats des enquêtes de l’ADID, la chute de la production de légumes et les effets néfastes du changement climatique sont à l’origine de cette hausse des prix de ces produits alimentaires. En effet, «  des paysans producteurs n’enregistrent plus aucune rentabilité dans la plantation de légumes. De nombreux fournisseurs de ces légumes surtout ceux résidant aux alentours de la Capitale ont ainsi vendu leurs parcelles de terrain pour pouvoir survivre. La sécheresse et les inondations successives depuis ces derniers temps ont impacté leur production », a-t-on évoqué. Pour pallier tout cela, le HFKF ou Mouvement de rassemblement des Chrétiens en faveur de la Nation, a mobilisé tout récemment les acteurs oeuvrant pour le développement de l’agriculture durable dans le cadre d’une réunion qui a eu lieu au centre de formation et de responsabilisation dénommé « Samy Mifaly » mis en place au By-pass.

 

Appel à manifestation d’intérêt. Des partages de bonnes pratiques et la prise de responsabilité des acteurs engagés y ont été effectués. En outre, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé pour tout acteur désirant apporter sa contribution dans la mise en œuvre d’un plan d’action établi d’une manière inclusive et participe au niveau de cette plateforme HFKF. À titre d’illustration, la Ligue pour la Lecture de la Bible a mis à disposition des promoteurs une surface de 260 ha en dehors de la Capitale pour une exploitation de légumes. Une coopérative regroupant 600 producteurs est également à la recherche de partenaires pour pouvoir cultiver des légumes sur une superficie totale de 2 800 ha à Ambatondrazaka. Une conscientisation de tous les acteurs s’impose ainsi face à cette menace de crise alimentaire dans le pays, a-t-on appris. En effet, d’aucuns reconnaissent qu’il n’y a pas de développement sans sécurité alimentaire. Parlant toujours de ces projets d’exploitation agricole, l’Agence de Développement Inclusif et Durable sera la structure mise en place par le HFKF pour harmoniser toutes les actions et mettre en place des indicateurs de réussite. La mutualisation des moyens de production s’impose également afin de réduire les coûts de revient. Il faut savoir que la traçabilité de l’utilisation des fonds mobilisés dans ces projets peut être vérifiée par toutes les parties prenantes en vue d’instaurer une confiance mutuelle.

 

Navalona R.