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06-01-2021 par L'Express de Madagascar

La perte de vitesse constante de l’ariary met la monnaie nationale en mauvaise posture face aux monnaies de référence.


Copyright Image : L'Express de Madagascar


Effrénée, l a vitesse de la descente aux enfers de la monnaie nationale affole les compteurs. Sur le marché de change de la Banque centrale, la dernière opération bouclée d’hier affichait l’euro à quatre mille sept cent vingt cinq ariary. Un pic jamais atteint jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, après un léger regain de santé à cette même période il y a un mois de cela, la monnaie nationale est de nouveau en train de s’écrouler face aux monnaies de référence que sont l’euro et le dollar. Ce dernier, qui s’achète présentement à trois mille sept cent quatre-vingt-un ariary, est ainsi sur la même tendance ascendante que l’euro.

« Avec la crise sanitaire, la balance commerciale a enregistré des gaps considérables. Depuis le début de la crise sanitaire, les quatre secteurs d’activités grands pourvoyeurs de devises que sont l’industrie minière, le textile, le tourisme et la pêche, ne font presque plus entrer de devises. Il y a plus de sorties que d’entrées. De quoi déséquilibrer un peu plus la balance commerciale du pays. Pas étonnant que le prix des devises de référence flambe de cette manière » déplore un membre du Cercle des économistes de Mada­gascar. Cette dévaluation de l’ariary commence à inquiéter sérieusement le milieu économique, qui s’attend à une inflation galopante dans les semaines à venir, car cette forte dépréciation aura des impacts considérables sur le pouvoir d’achat des consommateurs malgaches.

D’ailleurs, la hausse du prix des produits de première nécessité (PPN) perturbe la consommation de la plupart des ménages dans la mesure où la majorité de ces produits sont classés dans la catégorie de marchandises importées dont le prix ne peut échapper à la dévaluation de l’ariary.

Cette flambée du prix touche presque la totalité des PPN. Le litre de l’huile en vrac est de 5 800 ariary, contre 4 800 ariary chez un détaillant à Mahazo. Le kilo du sucre a été de 2 600 ariary, il y a une semaine, et, en ce moment, il est acheté à 3 000 ariary. « Le taux de la hausse est d’environ à 25% », estime une commerçante qui avoue avoir été surprise par l’augmentation du prix chez ses fournisseurs, lorsqu’elle a fait son approvisionnement au marché d’Anosibe récemment. « Nous ne sommes pas à l’origine de cette hausse du prix. Ce sont plutôt les collecteurs qui doivent être interpellés. Ils profitent de la situation de l’ariary, pour en tirer profit, en augmentant le prix de leurs marchandises. Pareil chez les importateurs ou encore les grossistes » ajoute la marchande.
Face à ce contexte, la direction du commerce intérieur du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat continue de mettre en vigueur les mesures de contrôle et de suivi des marchés. « Avant de sanctionner, nous procédons à la vérification de toutes les pièces justificatives et autres facturations chez les détaillants et les grossistes. Si ces paperasses sont en règle maisque les commerçants vendent à un prix élevé, ils ne peuvent faire autrement, dans la mesure où ils ont acheté la marchandise au prix fort chez leurs fournisseurs, nous n’envisageons les sanctions que pour ceux qui récidivent » explique Gilchrist Rakotoson, directeur du commerce intérieur.